
Nvidia n'a pas connu un dernier trimestre exceptionnel avec des
pertes financières et une
concurrence féroce de la part d'AMD. La société vient de mettre un terme à sa conférence,
NVISION, suivant de près celle organisée par Intel. Celle-ci a été l'occasion pour la marque au caméléon d'avouer
" avoir sous-estimé " ATI. Mais dans le même temps, Nvidia déclarait que le
projet Fusion, associant CPU et GPU, ne permettrait qu'un gain marginal de performances et qu'Intel, avec sa
puce Larrabee, ne l'impressionnait nullement : celle-ci ne voit pas en quelques dizaines de x86 une solution pour le calcul massif, lui préférant bien évidemment le
GPGPU maison.
Nvidia a préféré insister, pour les mois voire années à venir, sur l'intégration du
moteur PhysX dans ses GPU d'une part, et d'autre part sur sa technologie
CUDA -
Compute Unified Device Architecture. Cette dernière est en fait composée de plusieurs outils propriétaires gratuits de la firme et notamment un compilateur et des outils de développement. CUDA permet de
programmer les GPU récents de la firme en C. La puissance de calcul des cartes peut alors être utilisée par les logiciels utilisant CUDA.
Nvidia a ainsi profité du Nvision pour annoncer que la
compression vidéo par le populaire logiciel TMPGEnc
gagnerait en moyenne 446 % grâce à une GTX260 et cette technologie. Cette mesure a été obtenue en compressant plusieurs vidéos via un processeur
Core 2 Quad Q9450 seul puis en comparant le résultat avec la même série de tests pour un Q9450 épaulé d'une GeForce
GTX260 et de CUDA.
Le résultat est impressionnant et nous rappellera une actualité d'
octobre 2007 où CUDA
multipliait par 25 la rapidité de casse de mots de passe. Notons que CUDA est supporté par l'ensemble des GPU Nvidia depuis la série 8xxx. Si cette technologie commence à être utilisée par de nombreux logiciels, elle pourrait permettre à Nvidia
une plus-value importante à l'achat d'une carte graphique.
Notons qu'
AMD/ATI compte pour sa part sur l'
OpenCL, un standard que l'on peut rapprocher de CUDA et qui a été proposé par Apple. Le Khronos Group, produisant les spécifications d'OpenGL,
y travaille et OpenCL devrait faire partie intégrante du prochain système d'exploitation Apple,
Snow Leopard, attendu courant 2009. Le projet Fusion, dont on ne sait pas encore grand chose, pourra peut-être, à terme, tirer parti de l'OpenCL.