Longtemps perçue comme une maladie à sens unique, notre modèle établi de la maladie d'Alzheimer pourrait être totalement bousculé. Une équipe de chercheurs américains vient de démontrer qu'il était possible de restaurer les fonctions cognitives chez des souris atteintes d'un stade avancé de la maladie.

La clé ne réside pas dans l'élimination des plaques, mais dans une molécule qui rééquilibre l'approvisionnement énergétique du cerveau.

Comment fonctionne cette nouvelle approche ?

Le traitement expérimental se concentre sur une molécule essentielle : le NAD+ (nicotinamide adénine dinucléotide). Cette molécule est le carburant vital pour que les cellules produisent de l'énergie et fonctionnent correctement. Les chercheurs ont observé que les niveaux de NAD+ s'effondrent dans les cerveaux atteints par la maladie d'Alzheimer, un phénomène constaté aussi bien chez l'homme que chez l'animal.

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Le composé testé, baptisé P7C3-A20, n'agit pas comme un simple supplément. Son rôle est bien plus subtil : il aide les cellules à maintenir un équilibre sain de NAD+, surtout en situation de stress intense. En administrant ce composé quotidiennement, les scientifiques ont réussi à ramener les niveaux de NAD+ à la normale, relançant ainsi la production d'énergie cellulaire.

Quels sont les résultats concrets observés ?

Les résultats sont spectaculaires. Après six mois de traitement, les souris présentant des symptômes avancés ont retrouvé des fonctions cognitives normales. Les tests ont confirmé une amélioration radicale de la mémoire et des capacités d'apprentissage, mais aussi la réparation de la barrière hémato-encéphalique et une nette réduction de l'inflammation cérébrale.

Fait encore plus étonnant, cette récupération s'est produite sans que le traitement n'élimine les fameuses plaques amyloïdes et les enchevêtrements de protéines tau, longtemps considérés comme les principaux responsables du déclin. Cela suggère une idée fascinante : le cerveau pourrait fonctionner normalement même en leur présence, à condition que son métabolisme énergétique soit restauré.

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Quelles sont les prochaines étapes pour l'humain ?

Ces découvertes ouvrent une perspective d'espoir immense : traiter Alzheimer non plus pour simplement ralentir le déclin, mais pour viser une potentielle récupération. Le Dr. Andrew A. Pieper, auteur principal de l'étude, souligne que ces résultats, observés sur deux modèles animaux différents, renforcent l'idée d'une possible application chez l'humain.

Le chemin reste cependant long avant de passer aux essais cliniques. La prudence est de mise, car un excès de NAD+ a par le passé été associé à des risques de cancer dans certaines études. L'approche doit donc être finement calibrée. La société Glengary Brain Health, co-fondée par le Dr. Pieper, travaille déjà à la commercialisation de cette technologie pour préparer les futures études cliniques, étape indispensable avant toute application humaine.

Foire Aux Questions (FAQ)

Le composé P7C3-A20 est-il un simple supplément de NAD+ ?

Non, il s'agit d'un composé pharmacologique qui aide les cellules à maintenir un équilibre sain de NAD+ en situation de stress. Contrairement à certains suppléments en vente libre, il n'augmente pas les niveaux au-delà de la normale, ce qui évite des effets secondaires potentiellement dangereux.

Le traitement élimine-t-il les plaques amyloïdes ?

Non, et c'est l'un des aspects les plus surprenants de l'étude. La fonction cognitive a été restaurée malgré la présence persistante des plaques et des enchevêtrements de protéine tau, suggérant que le dysfonctionnement énergétique est une cible thérapeutique plus directe.

Quand peut-on espérer un traitement pour l'homme ?

Il est encore trop tôt pour le dire. Davantage d'études précliniques sont nécessaires avant d'envisager des essais cliniques rigoureux et sécurisés chez l'humain. Ce processus prendra très probablement plusieurs années.