Son nom, la "double détente", décrit parfaitement son mode opératoire. Un piège redoutable qui se referme en deux temps, combinant le hameçonnage classique et l'ingénierie sociale pour une efficacité redoutable.

De plus en plus de témoignages font état de pertes financières importantes, atteignant parfois plusieurs milliers d'euros, poussant les autorités à multiplier les messages de prévention face à cette menace grandissante qui ne cesse de se perfectionner.

Comment fonctionne ce piège en deux temps ?

Tout commence de manière presque banale. La première phase de l'attaque repose sur l'envoi d'un SMS qui semble légitime : un colis en attente, un paiement suspect à vérifier, un PV à régler ou encore une alerte de connexion à l'un de vos comptes. Le message, souvent bien rédigé, contient un lien ou un numéro à contacter. Son but n'est pas toujours d'obtenir une action immédiate, mais de semer le doute et de préparer le terrain pour la suite.

C'est là qu'intervient la "deuxième détente". Peu de temps après, la victime reçoit un appel. Au bout du fil, un faux conseiller bancaire ou le représentant d'un prétendu service officiel. Avec un ton calme et professionnel, il évoque une urgence absolue : une opération frauduleuse en cours sur votre compte qu'il faut bloquer immédiatement. Prise dans l'urgence, la victime est alors incitée à communiquer des codes de sécurité ou à valider une opération pour "sécuriser" ses fonds, ce qui autorise en réalité le virement aux escrocs.

Qui sont les véritables cibles de cette escroquerie ?

Les clichés ont la vie dure, mais cette arnaque ne vise pas seulement les personnes âgées ou peu à l'aise avec la technologie. Au contraire, les profils les plus touchés sont souvent des individus actifs, pressés, qui gèrent leurs affaires en situation de mobilité. Un professionnel qui valide une notification en pleine réunion, une mère de famille qui gère son budget sur son smartphone. Le point commun des victimes est leur réactivité face au stress, une qualité que les escrocs retournent contre elles.

La force de cette méthode réside dans son aspect personnalisé. Les cybercriminels utilisent des informations glanées sur les réseaux sociaux ou issues de fuites de données pour rendre leur scénario crédible. Ils ne misent pas sur une faille technique, mais sur une faille psychologique : la confiance et la peur. Un expert en cybersécurité le confirme, "le stratagème fonctionne moins sur les naïfs que sur les consciencieux", ceux qui agissent vite pour bien faire.

Quelles sont les parades et les recours possibles ?

Face à ce type de fraude, la meilleure défense reste la prévention et l'application de quelques réflexes simples. La première règle d'or est de ne jamais cliquer sur un lien reçu par SMS d'un expéditeur inconnu et de ne jamais rappeler un numéro fourni dans un message suspect. En cas de doute, il est impératif de contacter sa banque via ses canaux officiels et non via les informations fournies par le message.

Si vous recevez un SMS qui vous semble frauduleux, il est crucial de le signaler. Les autorités ont mis en place une plateforme dédiée, le 33700, qui permet de transférer ces messages pour analyse. Ce geste simple aide à identifier les campagnes en cours et à bloquer les numéros utilisés. Le site Cybermalveillance.gouv.fr offre également des conseils détaillés et indique les démarches à suivre pour porter plainte, une étape essentielle pour tenter d'obtenir un remboursement auprès de sa banque ou de son assurance.

Foire Aux Questions (FAQ)

Que faire si j'ai déjà cliqué sur le lien dans le SMS ?

Si vous avez cliqué sur le lien, déconnectez immédiatement votre appareil d'Internet pour limiter les risques. Effectuez une analyse antivirus complète et surveillez de très près vos comptes bancaires. Par précaution, changez les mots de passe de vos comptes sensibles (messagerie, banque, réseaux sociaux), car le lien a pu installer un logiciel malveillant.

La banque est-elle obligée de me rembourser après une telle arnaque ?

Le remboursement n'est pas automatique. Les banques invoquent souvent la "négligence grave" de la victime, qui a elle-même validé l'opération, même sous la contrainte psychologique. Cependant, si vous pouvez prouver que vous avez été trompé et que vous avez déposé plainte, vos chances de remboursement augmentent. La démarche est souvent longue mais nécessaire.