Alors que le risque d'une extension du conflit entre l'Ukraine et la Russie à l'Europe reste possible, l'OTAN constate la fragilité des grandes infrastructures de télécommunications et de géopositionnement mondiales en cas d'action hostile.
Même redondants, les câbles sous-marins de fibre optique qui relient les continents peuvent être facilement détruits en cas de conflit et les solutions de repli seraient insuffisamment développées pour éviter une rupture majeure des communications.
La Russie serait en train de localiser la position de la plupart des câbles sous-marins, de même que les analystes estiment que le pays dispose déjà de moyens pour perturber le système GPS de positionnement par satellite.
Déjà des actions hostiles
La Russie aurait d'ailleurs déjà mené des opérations à petite échelle et elle aurait des plans prévus pour des représailles face au soutien de l'Occident à l'Ukraine. Dmitry Medvedev, président du Conseil de sécurité de la Russie, avait clairement indiqué en juin que la Russie était en capacité de détruire les réseaux de communication sous-marins de ses ennemis.
La rupture d'un câble en mer Baltique entre la Suède et l'Estonie avait fait porter les soupçons sur la Russie, malgré de véhéments démentis. De même, des perturbations des signaux GPS ont été notées en Finlande et en Estonie en avril.
En juin encore, la Suède avait signalé auprès de l'ITU (Union Internationale des Télécommunications) de mystérieuses interférences touchant l'un de ses réseaux de diffusion IPTV.
Cela avait été atttribué à une réaction de la Russie à son entrée dans l'OTAN après des décennies de position neutre.
Le nouveau visage de la guerre
Tous ces agissements incitent à la prudence et à la nécessité de développer plus de redondances dans les infrastructures. Mais, même avec le développement de constellations de satellites en orbite basse assurant un réseau de communication mondial à diffusion large, les câbles sous-marins, en transportant plus de 90% du trafic internet, restent des cibles faciles en cas d'hostilités.
Les Etats-Unis se sont en outre inquiétés en début d'année d'une capacité de la Russie à déployer une arme nucléaire dans l'espace proche qui permettrait de détruire ou neutraliser par ses rayonnements un grand nombre de satellites.
La doctrine militaire américaine s'est récemment orientée vers des essaims de drones et de multiples constellations de satellites pouvant être très rapidement remplacés en cas de destruction massive.
Mais pour les câbles sous-marins, il sera plus difficile de trouver des solutions de remplacement rapides.