C'est un scénario qui se répète. Ce mardi 27 janvier 2026, les États-Unis, sous l'impulsion d'un Donald Trump , se retirent officiellement de l’accord de Paris pour la seconde fois. Cette décision, actée par un décret présidentiel signé dès 2025, isole la première puissance mondiale et envoie une onde de choc à travers la communauté internationale engagée dans la lutte contre le réchauffement planétaire.
Pourquoi cette décision a-t-elle un impact si lourd ?
Le poids de cette décision est directement proportionnel au poids des États-Unis sur la scène énergétique mondiale. En tant que deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre, juste derrière la Chine, le pays représente à lui seul 11,1 % des émissions globales. Le retrait États-Unis n'est donc pas symbolique, il déconstruit activement des années d'efforts diplomatiques.
Le pays renonce ainsi à son engagement de réduire ses émissions de 50 à 60 % d'ici 2030, un objectif ambitieux fixé sous l'administration précédente. Sans la participation de la première puissance mondiale, la trajectoire vers un réchauffement limité à +1,5 °C devient mathématiquement quasi impossible à tenir.
Quelles sont les conséquences chiffrées pour la planète ?
Selon plusieurs simulations scientifiques, l'absence de Washington pourrait ajouter 3 milliards de tonnes de CO₂ supplémentaires dans l'atmosphère d'ici 2030. Cette augmentation des émissions CO2 se traduirait par une hausse de température supplémentaire estimée entre 0,1 °C et 0,3 °C à l'échelle mondiale.
Ce chiffre, qui peut sembler minime, est en réalité catastrophique dans un contexte où chaque dixième de degré compte. La trajectoire actuelle nous mène déjà vers un réchauffement de 2,3 °C à 2,5 °C d'ici 2100, bien au-delà des seuils de sécurité fixés par les experts du GIEC.
Au-delà des émissions, quel est l'autre effet majeur ?
La sortie de l'Accord de Paris n'est pas qu'une question de gaz à effet de serre. C'est aussi une conséquence financière désastreuse. Les États-Unis suspendent immédiatement leur contribution au Fonds vert pour le climat, un mécanisme essentiel conçu pour aider les pays en développement à financer leur transition écologique et à s'adapter aux effets du dérèglement climatique.
Le manque à gagner est colossal : 3 milliards de dollars qui étaient promis ne seront jamais versés. Pour de nombreuses nations vulnérables, cette perte sèche signifie l'abandon de projets cruciaux pour protéger leurs populations et leurs écosystèmes.
Comment le reste du monde réagit-il ?
Face à ce désengagement américain, la carte de la diplomatie verte se redessine. Pékin, premier émetteur mondial, se positionne de plus en plus comme le nouveau leader de l'action climatique, bien que ses propres engagements restent scrutés de près. Pour les ONG comme Amnesty International, cette décision américaine crée un précédent dangereux, incitant à un "nivellement vers le bas" et menaçant plus d'une décennie d'avancées dans la lutte contre le changement climatique.
Ironiquement, même en se retirant, les États-Unis restent légalement tenus de protéger l'humanité contre les effets néfastes du climat, comme l'a rappelé un avis historique de la Cour internationale de Justice en 2025. Un principe juridique qui risque de générer de nouvelles batailles sur la scène internationale.
Foire Aux Questions (FAQ)
Est-ce la première fois que les États-Unis quittent cet accord ?
Non, c'est la deuxième fois. Donald Trump avait déjà initié un premier retrait qui est devenu effectif fin 2020. Son successeur, Joe Biden, avait réintégré le traité dès son arrivée au pouvoir en 2021, mais ce retour aura été de courte durée.
Quels sont les autres pays non signataires ?
Avec cette décision, les États-Unis rejoignent un groupe très restreint de nations en marge du consensus mondial sur le climat. Historiquement, seuls quelques pays comme l'Iran, la Libye ou le Yémen n'avaient pas ratifié l'accord, souvent pour des raisons de conflits internes.
La Chine est-elle désormais le leader de l'action climatique ?
De facto, le retrait américain propulse la Chine au premier plan. En tant que premier pollueur mondial (près de 30 % des émissions), son rôle est crucial. Pékin s'est engagé dans une transition énergétique massive, mais sa forte dépendance au charbon continue de soulever des inquiétudes quant à sa capacité à respecter les objectifs les plus stricts.