Le président des États-Unis a clairement indiqué ce mardi qu'il ne ferait « pas marche arrière » concernant son objectif de placer l'île arctique sous bannière étoilée.
Pour appuyer ses revendications territoriales, Donald Trump n'hésite pas à bousculer les codes diplomatiques habituels, menaçant de faire éclater les alliances historiques qui garantissent la sécurité occidentale depuis des décennies.
Entre publications générées par IA et menaces de sanctions économiques, Donald Trump met l'Europe au pied du mur.
Une communication visuelle agressive par l'IA
Pour marquer les esprits avant le sommet suisse, la Maison-Blanche a déployé un arsenal de communication inédit sur la plateforme Truth Social.
Le président y a partagé des images conçues par intelligence artificielle, le montrant notamment en train de planter un drapeau américain sur le sol glacé du Groenland.
Une autre illustration controversée présente une carte où le Canada et le Groenland apparaissent annexés aux États-Unis, redéfinissant visuellement les frontières du continent nord-américain.
Cette offensive numérique s'est accompagnée de fuites orchestrées de correspondances privées. Des échanges supposés avec le président français Emmanuel Macron et le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, ont été rendus publics pour déstabiliser les homologues européens.
Ces méthodes, couplées à une utilisation intensive des réseaux sociaux, visent à imposer le récit d'une inéluctabilité de la cession du territoire danois, présenté comme vital pour la défense américaine.
Bras de fer diplomatique au sommet de Davos
La réaction européenne ne s'est pas fait attendre face à ce que certains qualifient de « loi du plus fort ». Emmanuel Macron a plaidé pour le « respect » plutôt que la coercition, tandis que les dirigeants du Vieux Continent tentent de projeter une image d'unité au Forum de Davos.
Scott Bessent, secrétaire au Trésor américain, a tenté de tempérer la situation en qualifiant les réactions européennes d'hystérie, tout en affirmant que l'acquisition de l'île est un impératif de sécurité nationale sur lequel tout le monde finirait par s'accorder.
Néanmoins, les inquiétudes grandissent quant à la pérennité de l'indépendance européenne face à cette stratégie de pression. Ursula von der Leyen a évoqué un « changement sismique » nécessitant une nouvelle forme d'autonomie stratégique.
L'argumentaire américain repose sur la nécessité de sécuriser l'Arctique face à l'empreinte russe et pour le déploiement du système de défense Golden Dome, transformant une dispute territoriale en un enjeu de défense globale.
Le spectre d'une guerre économique et commerciale
Au-delà de la rhétorique, la menace de rétorsions économiques est bien réelle et affole les marchés financiers. Wall Street a ouvert en forte baisse, craignant une nouvelle guerre commerciale transatlantique.
Le président américain a explicitement menacé d'imposer des droits de douane de 200 % sur les vins et champagnes français si Paris s'opposait à ses plans, ravivant le spectre des tensions de l'année précédente.
Face à cette intimidation, l'Union européenne prépare sa riposte et pourrait activer son instrument anti-coercition, souvent surnommé le « bazooka commercial ». Ce mécanisme permettrait de prendre des contre-mesures sévères, ciblant potentiellement les services numériques américains.
Alors que la Russie observe avec intérêt ces divisions au sein de l'OTAN, la question reste de savoir si l'Europe osera engager ce rapport de force économique avant l'échéance du 6 février, date potentielle d'activation de nouvelles taxes sur les importations américaines.