Détectée en juillet 2025, la Comète 3I/ATLAS est rapidement devenue un phénomène. N'étant que le troisième objet interstellaire jamais identifié traversant notre voisinage cosmique, sa trajectoire a immédiatement alimenté les théories les plus audacieuses, certains y voyant un possible artefact extraterrestre.

Face à cet engouement, la communauté scientifique mondiale a mobilisé ses plus puissants instruments pour percer ses secrets. Mais alors que les données s'accumulaient en faveur d'une origine naturelle, une agence bien plus terre-à-terre a relancé le débat sans dire un mot.

Un consensus scientifique solidement établi

Pour doucher les espoirs de ceux qui attendaient un premier contact, une campagne d'observation sans précédent a été menée par des projets comme Breakthrough Listen.

Des radiotélescopes de premier plan, du Green Bank Telescope en passant par MeerKAT en Afrique du Sud, ont scruté l'objet à la recherche de technosignatures, ces signaux radio qui trahiraient une origine artificielle.

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La sensibilité de ces instruments est telle que le Green Bank Telescope aurait pu détecter un émetteur dix fois plus faible qu'un simple téléphone portable à des centaines de millions de kilomètres.

Le verdict scientifique est tombé : aucune émission artificielle n'a été détectée. Au contraire, les analyses ont confirmé tout ce que l'on attend d'un corps glacé. Les observations ont révélé la présence d'hydroxyle, signature de la glace d'eau s'évaporant à l'approche du Soleil, et un comportement en tout point similaire à celui d'une comète, bien différent d'un simple astéroïde.

Comme le résume Benjamin Jacobson-Bell, chercheur à Berkeley, « au final, il n'y a eu aucune surprise ».

La réponse énigmatique de la CIA qui sème le doute

Alors que le dossier semblait classé, le chercheur John Greenewald Jr. a déposé une demande d'accès à l'information (FOIA) auprès de la CIA concernant 3I/ATLAS.

La réponse de l'agence a été aussi brève que déroutante : elle ne pouvait « ni confirmer ni nier l'existence ou la non-existence de dossiers » sur le sujet. Cette posture, connue sous le nom de réponse Glomar, est généralement réservée aux sujets touchant à la sécurité nationale et aux sources de renseignement les plus sensibles.

NASA comete 3I Atlas 02

Cette non-réponse a immédiatement relancé les interrogations. Pour des figures comme le professeur de Harvard Avi Loeb, cette prudence est révélatrice. Il suggère que, malgré le discours rassurant de la NASA, la communauté du renseignement aurait pu considérer 3I/ATLAS comme un potentiel cygne noir : un événement à très faible probabilité mais à l'impact potentiellement cataclysmique.

Une telle approche justifierait une surveillance discrète, loin des circuits de l' exploration spatiale civile.

Entre prudence d'État et spéculations ravivées

Ce silence de la CIA contraste vivement avec les déclarations catégoriques de la NASA, qui a toujours affirmé que rien ne permettait de croire que l'objet était autre chose qu'une comète.

Cette dichotomie alimente la méfiance, certains rappelant que les images de 3I/ATLAS publiées par l'agence spatiale étaient étonnamment floues, alors même que des astronomes amateurs obtenaient des clichés bien plus nets avec du matériel grand public. Un simple problème technique ou une volonté de minimiser l'intérêt pour l'objet ?

L'hypothèse d'Avi Loeb est que les agences ont pu jouer sur deux tableaux : laisser la NASA communiquer l'interprétation scientifique la plus probable pour éviter toute panique, tout en menant en coulisses une analyse de risque sur un scénario jugé hautement improbable.

Alors que la comète 3I/ATLAS poursuit sa course pour quitter définitivement notre Système Solaire, le mystère qu'elle laisse derrière elle est désormais moins astronomique que politique.