Une véritable vague d'agressions ultra-violentes cible directement les investisseurs en cryptomonnaies sur le territoire français. En l'espace de quelques jours à peine au début du mois de janvier 2026, trois affaires distinctes d'enlèvement et de séquestration ont été recensées, confirmant une tendance inquiétante déjà bien amorcée l'année précédente. De Manosque à Verneuil-sur-Seine, en passant par Cholet, les criminels déploient des méthodes dignes du grand banditisme pour dérober des actifs numériques, transformant la détention de crypto-actifs en un risque majeur pour la sécurité physique des personnes.
Comment se sont déroulées ces agressions récentes ?
Le mode opératoire, bien que variant dans les détails, témoigne d'une brutalité croissante. Le 6 janvier, à Manosque, une femme d'une trentaine d'années a été ligotée et malmenée à son domicile par trois individus armés et encagoulés. Leur objectif était clair : mettre la main sur une clé USB contenant les clés privées du portefeuille de cryptomonnaies de son compagnon. Quelques jours plus tard, le 9 janvier à Cholet, un ingénieur architecte logiciel de 43 ans a été enlevé à son domicile, ligoté et transporté de force dans un véhicule sur une cinquantaine de kilomètres avant d'être relâché.
Le même jour, à Verneuil-sur-Seine, une famille entière a été séquestrée. Trois hommes armés ont fait irruption au domicile, rouant de coups le père et la mère devant leurs enfants avant de ligoter tout le monde. La cible n'avait pas été choisie au hasard : le père de famille est à la tête d'un groupe spécialisé dans l'investissement en cryptomonnaies, ce qui en faisait une proie de choix pour les assaillants.
S'agit-il d'un phénomène nouveau en France ?
Loin d'être un épiphénomène, cette série d'attaques s'inscrit dans une dynamique criminelle bien installée. L'année 2025 avait déjà été marquée par plus de 20 tentatives d'extorsion violentes similaires sur le sol français. Bien qu'une organisation criminelle, dont le cerveau opérait depuis le Maroc, ait été démantelée par les autorités, il apparaît clairement que d'autres malfaiteurs ont pris le relais, motivés par la hausse du cours du Bitcoin et des autres crypto-actifs.
La recrudescence de ces crimes physiques démontre que le crime organisé s'adapte rapidement aux nouvelles sources de richesse. L'appât du gain est si fort que les risques encourus par les criminels semblent secondaires face à la valeur potentielle des butins numériques qu'ils convoitent. Cette tendance transforme radicalement la perception du risque pour les investisseurs, qui ne doivent plus seulement se préoccuper de la sécurité informatique.
Comment les criminels parviennent-ils à identifier leurs cibles ?
La facilité avec laquelle les criminels semblent identifier et localiser leurs victimes est particulièrement alarmante. L'une des pistes les plus sérieuses mène à la corruption et aux fuites de données. Récemment, une employée des impôts a été accusée d'avoir consulté et vendu des données très sensibles à des réseaux criminels. En utilisant le logiciel de l'administration fiscale, elle aurait pu accéder à des adresses, des situations familiales et des revenus, permettant un ciblage précis des détenteurs d'actifs pour commettre une extorsion.
Au-delà de cette affaire, les fuites de données massives qui se multiplient en France constituent une mine d'or pour les malfaiteurs. Des informations issues de piratages, comme celui du géant de la sécurité Ledger, se retrouvent échangées sur le dark web et permettent aux criminels de dresser des listes de cibles potentielles. Ces brèches de sécurité placent littéralement une cible dans le dos des investisseurs, qui doivent plus que jamais faire preuve d'une prudence extrême quant à la divulgation de leurs activités.