Igor Sarzynski a parlé. Le directeur créatif de la suite de Cyberpunk 2077, actuellement en développement chez CD Projekt, a mis les pieds dans le plat pour trancher un débat qui agite la communauté depuis la sortie du jeu en 2020. La question est simple : l'acte 1, qui narre l'ascension de V et Jackie Welles, aurait-il dû être plus long pour renforcer le lien émotionnel avec ce dernier avant sa fin tragique ?
La réponse du studio est un non catégorique, argumenté avec une comparaison pour le moins parlante.
Pourquoi un acte 1 plus long aurait-il nui au jeu ?
Selon Igor Sarzynski, l'idée d'étirer la phase pré-braquage est une fausse bonne idée. La motivation principale de V à ce stade, "arriver au sommet", est jugée trop vague pour soutenir une narration engageante sur la durée. Il explique qu'une telle section, "prolongée et sans enjeu ni pression, donnerait une expérience décousue et sans cohérence". Cette vision, défendue par CD Projekt, privilégie un démarrage rapide vers le véritable cœur du récit : la maladie terminale de V et sa course contre la montre.
Pour illustrer son propos, le directeur créatif n'hésite pas à convoquer une icône de la pop culture. "C'est comme dire qu'il faudrait passer plus de temps sur Tatooine avec Luke le fermier avant qu'il ne devienne Jedi." Le tacle est direct : l'histoire d'un héros commence véritablement lorsque le conflit principal est initié. Le montage de six mois montrant les premiers pas de V et Jackie n'a donc jamais été du contenu coupé, mais bien un choix de design délibéré pour accélérer le rythme et plonger le joueur dans l'urgence de la situation.
Le lien avec Jackie Welles est-il sacrifié ?
Le studio est bien conscient que la brièveté de cette introduction a frustré certains joueurs, qui auraient souhaité passer plus de temps avec le charismatique Jackie Welles. Sarzynski reconnaît que le temps passé avec lui peut être insuffisant pour certains, mais suffisant pour d'autres. "Au final, je pense que nous avons trouvé un bon équilibre", conclut-il, soulignant que le personnage remplit parfaitement son rôle narratif : celui de déclencheur de l'intrigue et de catalyseur de la transformation de V dans le cœur de l'expérience de Cyberpunk 2077.
Malgré tout, certains joueurs parviennent à étirer cette première partie en explorant à fond le quartier de Watson, seule zone accessible, réussissant à y passer près de 20 heures. Le développeur y voit la force d'un monde ouvert où chacun est libre de son rythme, tout en maintenant que la trame principale est conçue pour avancer rapidement vers les enjeux majeurs. L'objectif était de créer un impact émotionnel fort lors de la mort de Jackie, un pari qui, selon le studio, est réussi grâce à cette structure condensée.
Quelles leçons pour la suite, Cyberpunk 2 ?
Cette réflexion sur la structure narrative n'est pas qu'un simple retour en arrière. Igor Sarzynski admet que tout n'était pas parfait, notamment la fameuse "dissonance ludo-narrative" où V, pourtant mourant, peut passer des dizaines d'heures en quêtes annexes. "Si je devais le refaire, je contextualiserais les contrats et les quêtes secondaires comme une autre manière d'échapper à la mort : en créant sa propre légende." Cette idée pourrait même conditionner l'accès à une fin spécifique, une piste très intéressante pour la suite attendue.
Cette philosophie distingue clairement les productions du studio polonais de concurrents comme GTA. "Nos jeux sont bien plus axés sur l'histoire et les personnages", précise-t-il. Pour le futur Cyberpunk 2 (nom de code Orion), les joueurs peuvent donc s'attendre à une expérience narrative toujours aussi dense. D'ailleurs, le créateur de l'univers, Mike Pondsmith, a laissé entendre qu'une nouvelle ville, décrite comme un "Chicago qui aurait mal tourné", viendra s'ajouter à la Night City que les joueurs connaissent bien, promettant une nouvelle dimension à l'exploration.
Foire Aux Questions (FAQ)
Le montage du début de Cyberpunk 2077 est-il du contenu qui a été supprimé ?
Non, Igor Sarzynski, le directeur créatif de Cyberpunk 2, a formellement démenti cette rumeur. Il a confirmé que le montage de six mois était un choix de design prévu depuis le début pour dynamiser le démarrage de l'histoire et ne pas ralentir le rythme.
Pourquoi CD Projekt a-t-il fait le choix d'un acte 1 aussi court ?
Le studio a privilégié un démarrage rapide pour plonger immédiatement le joueur dans les enjeux principaux du scénario : la survie de V après l'intégration de la Relic. Un acte 1 plus long avec un objectif flou ("devenir une légende") aurait, selon eux, rendu l'expérience moins percutante et plus décousue.
Que sait-on de la suite de Cyberpunk 2077 ?
La suite, connue sous le nom de projet Orion, est en cours de développement. Il a été confirmé qu'elle se déroulera en partie à Night City mais introduira également une toute nouvelle ville. Le studio semble avoir tiré des leçons du premier opus pour mieux intégrer les quêtes secondaires à la narration principale.