L'année 2025 s'est achevée sur une note particulièrement positive pour le constructeur aéronautique tricolore. Le groupe a annoncé avoir livré 26 avions de combat Rafale, soit un de plus que son objectif.

Cette performance, supérieure aux 21 appareils livrés en 2024, témoigne d'une montée en puissance progressive. Sur ces 26 chasseurs, 15 étaient destinés à l'export et 11 à l'armée française, confirmant le succès international de l'appareil.

En parallèle, 37 jets d'affaires Falcon ont été livrés, un chiffre légèrement en deçà des 40 unités prévues, le PDG Éric Trappier ayant clairement priorisé la production militaire.

Un carnet de commandes solide mais une cadence sous pression

Ce bilan positif se traduit directement sur les finances. L'avionneur Dassault Aviation a ainsi réévalué son chiffre d'affaires prévisionnel pour 2025, l'estimant désormais « au-dessus de 7 milliards d'euros », contre 6,5 milliards attendus.

Cette envolée s'appuie sur un carnet de commandes qui assure une visibilité sur près d'une décennie. Au 31 décembre 2025, 220 Rafale restaient à livrer, dont 175 pour l'export.

Rafale marine

L'année a vu s'ajouter 26 nouvelles commandes fermes, correspondant au contrat signé avec l'Inde pour équiper sa marine, première cliente étrangère du Rafale M.

Cependant, derrière ces chiffres flatteurs se cache un contexte industriel difficile. La cadence de production actuelle, bien qu'en hausse, reste inférieure à trois appareils par mois.

Les analystes et les clients s'impatientent, car ce rythme peine à répondre à la demande croissante. Le groupe reconnaît les difficultés rencontrées par une partie de sa chaîne de sous-traitants, encore fragilisée par la crise du Covid et le renchérissement des matières premières.

Accélérer la production, l'enjeu majeur des prochaines années

Conscient de l'urgence, le groupe a engagé des investissements significatifs pour moderniser son outil industriel et accélérer le pas. L'inauguration en septembre 2025 d'une nouvelle usine à Cergy, en remplacement du site historique d'Argenteuil, constitue une étape majeure.

Ce nouvel outil, fruit d'un investissement de plus de 100 millions d'euros, est dédié à l'aménagement des tronçons du Rafale. D'autres sites, comme Seclin, Martignas ou Mérignac, ont également bénéficié de fonds pour soutenir cette ambition.

Dassault Rafale

Ces efforts doivent permettre d'atteindre une cadence de trois Rafale livrés par mois dès 2026, puis de quatre à partir de 2028-2029. Cette montée en régime est indispensable pour honorer les contrats existants et rester crédible face à de nouvelles prospects.

La lettre d'intention signée par l'Ukraine pour une centaine d'appareils, si elle se concrétise, ajouterait une pression supplémentaire sur les lignes d'assemblage.

Quelles perspectives pour le joyau de l'aviation française ?

Le succès commercial du Rafale ne se dément pas, porté par un contexte géopolitique qui favorise les commandes d'équipements de défense de pointe. La performance de 2025 confirme la capacité du groupe à dépasser ses propres attentes, même dans un environnement complexe.

La Bourse a d'ailleurs salué ces annonces, le titre de l'avionneur enregistrant une progression notable en début d'année 2026. Le véritable test se jouera donc sur le terrain industriel.

La capacité de Dassault et de ses 400 sous-traitants à transformer ce succès commercial en une machine de production bien huilée déterminera la trajectoire du programme pour la prochaine décennie.

La publication des résultats financiers complets, prévue pour début mars, sera attendue pour obtenir plus de détails sur la stratégie d'investissement et les défis de la chaîne d'approvisionnement.