Le bon vieux distributeur automatique de billets vit une transformation silencieuse mais profonde. Alors que les paiements en espèces représentent encore 43 % des transactions en France, le réseau de guichets automatiques se contracte de manière visible.

Face à cette réalité, les banques françaises et l'Europe ont décidé d'agir. Un double mouvement est en marche : une rationalisation du réseau pour réduire les coûts et une mise aux normes pour garantir l'inclusion de tous les usagers.

Pourquoi le nombre de distributeurs diminue-t-il ?

C’est un fait. Le nombre de distributeurs automatiques de billets (DAB) est en chute libre. La Banque de France le confirme : fin 2023, le pays comptait 44 123 machines, soit une baisse de 4,6 % en un an. Entre 2018 et 2023, ce sont plus de 8 500 automates qui ont tout simplement disparu du paysage français. La raison est avant tout économique : leur entretien est jugé trop onéreux par les banques face à une utilisation déclinante du cash.

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Pour répondre à cette tendance, un projet collectif baptisé Cash Services a été lancé par de grandes enseignes comme BNP Paribas, Société Générale, Crédit Mutuel et CIC. L'idée est de mutualiser leurs ressources. Concrètement, près de 7 000 nouveaux équipements seront installés d'ici 2026, tandis que 3 000 machines plus anciennes seront retirées. Cette stratégie vise à maintenir un service de proximité, notamment dans les communes sans agence bancaire, tout en optimisant les coûts de maintenance.

Qu'est-ce que la nouvelle réglementation change concrètement ?

Le changement n'est pas seulement quantitatif, il est aussi qualitatif. Une nouvelle règlementation issue d'une directive européenne entrera en vigueur dès le 28 juin 2025. Elle impose des modifications majeures pour améliorer l'usage des automates par tous. L'objectif affiché est de permettre à chacun, y compris les personnes en situation de handicap, d'utiliser un guichet en toute autonomie.

Cette mise aux normes oblige les banques à équiper leurs machines de fonctionnalités spécifiques. Les nouveaux distributeurs devront proposer des instructions vocales, une prise casque pour l'audio, ainsi que la possibilité d'ajuster le contraste de l'écran ou d'agrandir les caractères. C'est une avancée majeure pour les personnes malvoyantes ou malentendantes, qui rencontraient souvent des difficultés. La machine s'adapte désormais à l'utilisateur, et non l'inverse.

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À quoi ressembleront les nouveaux automates "Cash Services" ?

Ces nouveaux automates sont bien plus que de simples distributeurs. Plus polyvalents, ils sont conçus pour centraliser plusieurs services financiers et améliorer l'accessibilité bancaire. En plus du retrait d'espèces, ils permettront de gérer les dépôts de chèques et d’espèces. C'est une véritable évolution vers des points de service bancaire automatisés, même si ces fonctions sont globalement disponibles en France depuis des années.

L'une des innovations majeures est leur capacité à reconnaître la banque du client. Lorsque vous insérerez votre carte, l'automate affichera l'interface de votre propre établissement bancaire. Finis les frais supplémentaires pour les retraits hors réseau entre les banques partenaires du projet. Cette technologie simplifie les opérations pour l'usager et garantit un service de proximité sécurisé, même dans les zones rurales.

Foire Aux Questions (FAQ)

Tous les distributeurs actuels seront-ils remplacés en 2025 ?

Non, la transition sera progressive. La quasi-totalité des automates récents sont déjà conformes à la nouvelle réglementation. Les machines plus anciennes et non conformes seront remplacées à la fin de leur cycle de vie, ce qui pourrait prendre jusqu'à 10 ans pour certains parcs bancaires.

Les retraits en espèces seront-ils plus difficiles à l'avenir ?

Malgré la diminution du nombre total de machines, le maillage territorial devrait rester dense. La Banque de France assure que 99 % des Français peuvent accéder à un distributeur en moins de 15 minutes en voiture. Le réseau se resserre et se modernise, mais ne disparaît pas.