Dans un contexte géopolitique où les conflits se jouent de plus en plus dans les airs, une petite entreprise française vient de frapper un grand coup. Loin des grands programmes militaires, ALM Meca, une PME spécialisée dans l'usinage de précision, a développé sur ses fonds propres un appareil aux capacités stupéfiantes. Le Fury n'est pas un drone comme les autres : c'est un intercepteur pensé pour changer la donne.
Quelles sont les caractéristiques techniques du drone Fury ?
Le Fury est une machine d'exception. Avec une longueur d'1,1 mètre pour une envergure à peine supérieure, ce drone compact cache une mécanique extrême. Son principal atout est son microréacteur à kérosène, une technologie complexe mais qui lui confère une puissance et une réactivité hors normes.
?? #PAS25 #ParisAirShow2025 @MBDAFrance #OneWayEffector #OWE, @EOStechnologie Véloce 330 le Rodeur. ALM Meca Fury 120. Au Bourget, la course au drone suicide inspiré du Shahed iranien est lancée https://t.co/EJtKJEnBR6 pic.twitter.com/oyoNzumaIw
— Philippe Top-Action (@top_force) June 17, 2025
Les résultats sont spectaculaires. L'appareil atteint une vitesse de pointe de 700 km/h, soit trois fois plus que la plupart des drones qu'il est censé neutraliser, comme les Shahed iraniens. Capable d'encaisser des accélérations jusqu'à 20 G, il grimpe presque à la verticale, une performance qui le place au sommet de sa catégorie en Europe.
Comment une PME a-t-elle pu réaliser un tel exploit ?
La réussite d'ALM Meca tient autant à l'audace qu'à l'expertise. Cette société basée en Alsace, forte de seulement 17 employés, a financé l'intégralité du projet sur ses fonds propres. Une prise de risque considérable dans un secteur de la défense habituellement dépendant des commandes et des financements de la Direction Générale de l’Armement (DGA).
En se passant des circuits traditionnels, l'entreprise a gagné en agilité et a pu développer son prototype en moins d'un an. C'est la culture de l'atelier, du savoir-faire concret de l'usinage de précision, qui a été transposée à la conception d'un système complet, ciblant un vide stratégique clair : la lutte contre les drones de saturation peu coûteux.
Quel avenir pour ALM Meca et son drone ?
Le plus dur commence peut-être maintenant. Après avoir prouvé la performance de son démonstrateur, ALM Meca fait face au mur de l'industrialisation. Passer de quelques prototypes à une production en série requiert des compétences et des investissements d'une toute autre échelle, un défi colossal pour une structure de cette taille.
L'État n'est cependant pas resté insensible. Le ministère des Armées suit le dossier de très près et a déjà passé une première commande pour les microturbines de l'entreprise. Cette trajectoire atypique a attiré l'attention, poussant même des acteurs comme Safran ou Dassault à évaluer le potentiel du projet. Le besoin de contrer la prolifération des drones est une urgence stratégique. Fury arrive donc au bon moment pour l'Europe.
Foire Aux Questions (FAQ)
Le drone Fury a-t-il des équivalents ?
En Europe, les experts s'accordent à dire qu'il n'existe pas de produit similaire. La seule comparaison pertinente est le drone Roadrunner de l'entreprise américaine Anduril, une société de 3500 employés, ce qui souligne l'exploit de la PME française.
Pourquoi utiliser un microréacteur à kérosène ?
Ce choix technologique radical offre une poussée et une réactivité largement supérieures aux moteurs électriques ou thermiques classiques. C'est ce qui permet au Fury d'atteindre des vitesses extrêmes et de manœuvrer avec une agilité inégalée pour intercepter ses cibles.
L'État français soutient-il officiellement le projet ?
Le développement initial s'est fait sans aucun financement public. Cependant, face au succès du projet, la DGA et le ministère des Armées ont montré un intérêt concret, notamment via une première commande de turbines, laissant présager un soutien plus important à l'avenir.