En fouillant les archives du télescope spatial Kepler, une équipe internationale a mis au jour une candidate planétaire fascinante : HD 137010 b. Située à 146 années-lumière, cette planète est à peine 6 % plus grande que la Terre et boucle son orbite en 355 jours autour d'une étoile de type K, légèrement plus froide que notre Soleil. Cette découverte repose sur un seul transit, un événement rare qui complique sa confirmation mais ouvre des perspectives inédites.
Quelles sont les caractéristiques de ce monde lointain ?
Cette exoplanète est un monde rocheux aux dimensions très proches de notre planète. Son étoile hôte, bien que similaire au Soleil, est moins lumineuse, ce qui a une conséquence directe sur la planète. Elle reçoit moins d'un tiers de l'énergie que la Terre, expliquant une température de surface estimée entre -68°C et -85°C.
Crédits : NASA/JPL-Caltech/K. Miller (Caltech/IPAC)
Ces conditions extrêmes, comparables à celles de Mars, lui valent le surnom de « super boule de neige » potentielle. Pourtant, sa position dans son système stellaire intrigue les scientifiques. Elle se trouve aux confins de la zone où l'eau liquide pourrait exister, un paramètre crucial dans la recherche de la vie au-delà de notre système solaire.
Une planète glacée peut-elle vraiment être habitable ?
Le statut de HD 137010 b est complexe. Les modélisations lui donnent environ 50 % de chance de se situer dans la zone habitable optimiste de son étoile. Sans atmosphère, ou avec une atmosphère trop fine, sa surface resterait gelée en permanence, la rendant stérile.
Cependant, les chercheurs n'excluent pas un scénario plus favorable. Une atmosphère épaisse et riche en dioxyde de carbone pourrait déclencher un effet de serre puissant. Ce mécanisme serait capable de piéger la chaleur et d'élever la température au-dessus de 0°C, rendant alors possible la présence d'eau liquide et des conditions plus clémentes en surface.
Illustration d’artiste représentant l’exoplanète candidate HD 137010 b, surnommée la « super boule de neige » : une planète potentiellement rocheuse, légèrement plus grande que la Terre, en orbite autour d’une étoile semblable au Soleil située à environ 146 années-lumière.
Crédits : NASA/JPL-Caltech/Keith Miller (Caltech/IPAC).
Quels sont les défis pour confirmer son existence ?
La principale difficulté vient du fait que la détection repose sur un unique transit de dix heures, observé en 2017 par le télescope Kepler. Pour une confirmation officielle, les astronomes ont besoin d'au moins une seconde observation, ce qui impose d'attendre un alignement orbital parfait, soit près d'un an plus tard. Cette contrainte ralentit considérablement l'étude des planètes à orbite longue.
Malgré ce défi, la qualité du signal initial est jugée exceptionnelle. Des missions actuelles comme TESS ou CHEOPS pourraient aider à cette confirmation. La relative proximité de l'étoile et sa luminosité en font une cible de choix pour de futurs instruments, comme le Habitable Worlds Observatory, qui seront capables d'analyser son atmosphère et d'y chercher d'éventuels marqueurs biologiques.