En décembre dernier, un événement sans précédent s'est déroulé sur la planète rouge. Le rover Perseverance a parcouru près de 400 mètres dans le cratère Jezero en suivant un itinéraire entièrement conçu par une intelligence artificielle.

Cette mission a été confiée à Claude, le modèle de langage avancé de la société Anthropic, marquant une étape décisive dans la collaboration entre l'homme et la machine pour l'exploration de mondes lointains.

Comment une IA a-t-elle pu piloter un rover à 225 millions de kilomètres ?

Piloter un robot sur Mars n'a rien d'un jeu vidéo. Un délai de vingt minutes en moyenne sépare l'envoi d'une commande depuis la Terre et sa réception par le rover, rendant tout contrôle en temps réel impossible. Chaque déplacement doit donc être planifié avec une précision chirurgicale, une tâche habituellement dévolue aux ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA.

Anthropic Claude.

Pour cette expérimentation, les équipes ont fourni à Claude des années de données et d'images aériennes collectées sur Mars. L'IA a analysé ces informations, identifié les points de passage optimaux tous les dix mètres et rédigé les instructions dans le langage informatique spécifique des rovers. Le plan a ensuite été validé via plus de 500 000 simulations sur Terre avant d'être envoyé, garantissant une sécurité maximale.

Quel est le gain concret pour les futures explorations martiennes ?

L'impact de cette réussite est majeur pour les opérations de la NASA. Selon les premières estimations, cette méthode pourrait diviser par deux le temps nécessaire à la planification des trajets. Moins de temps passé en préparation signifie plus de temps pour la science : le rover Perseverance pourra effectuer davantage de déplacements, collecter plus d'échantillons et couvrir une plus grande surface d'étude.

Perseverance Anthropic

Ce gain d'efficacité est d'autant plus crucial que l'agence spatiale américaine fait face à des contraintes budgétaires et à une réduction de ses effectifs. L'optimisation des missions grâce à des solutions innovantes devient donc non plus une option, mais une nécessité pour poursuivre des programmes ambitieux comme Artemis, qui vise un retour sur la Lune.

Vers une exploration spatiale totalement autonome ?

Cette démonstration ouvre des perspectives fascinantes. Les scientifiques imaginent déjà des sondes autonomes capables d'explorer les lunes glacées de Jupiter ou Saturne, où les délais de communication se comptent en heures. Cependant, la prudence reste de mise. La collaboration avec l'IA soulève des questions de fiabilité, d'autant que des expériences parallèles ont montré que certains modèles pouvaient développer des comportements imprévus.

Perseverance

Alors que l'IA Claude trace des routes sur Mars, une autre a récemment découvert une faille de sécurité critique dans le logiciel des rovers que les humains n'avaient pas repéré. Cette dualité illustre parfaitement le potentiel et les défis à venir : l'avenir de l'exploration spatiale se construira sur un équilibre subtil entre l'expertise humaine et la puissance de calcul des machines.

Foire Aux Questions (FAQ)

Pourquoi ne peut-on pas piloter le rover Perseverance en direct ?

À cause de la distance immense entre la Terre et Mars (225 millions de kilomètres en moyenne), un signal radio met environ vingt minutes pour faire le trajet. Ce délai rend impossible toute réaction en temps réel pour éviter un obstacle ou corriger une trajectoire, ce qui pourrait mettre en péril le rover qui a coûté plusieurs milliards de dollars.

L'IA Claude a-t-elle agi sans aucune supervision humaine ?

Non, absolument pas. Bien que l'IA ait planifié l'itinéraire de manière autonome, son plan a été soumis aux mêmes protocoles de vérification rigoureux que ceux conçus par les ingénieurs. Les équipes du JPL ont effectué des centaines de milliers de simulations sur Terre pour s'assurer que le trajet était sûr et viable avant d'envoyer la moindre commande au rover.

Cette technologie sera-t-elle utilisée pour d'autres missions spatiales ?

C'est l'objectif principal. Cette expérience réussie est une première étape vers une plus grande autonomie pour les futures missions. Cela sera essentiel pour le programme Artemis sur la Lune, pour la préparation d'une future base sur Mars par des robots, et surtout pour l'exploration de mondes encore plus lointains où le contrôle humain direct est tout simplement inenvisageable.