C'est une bonne nouvelle lancée vers une communauté de plus en plus encline à délaisser Windows. Jusqu'à présent, les utilisateurs de l'OS libre devaient se contenter de solutions alternatives ou de la version navigateur, souvent moins performante. Avec cette sortie, la firme au caméléon s'engouffre dans la brèche ouverte par les avancées de la couche de compatibilité Proton, rendant l'écosystème Linux toujours plus attractif pour le gaming.

Comment ça marche et qu'est-ce que ça change ?

Le principe du service de NVIDIA reste inchangé : il s'agit de jouer à des titres que vous possédez déjà sur des plateformes comme Steam, Epic Games Store ou Ubisoft Connect. Le jeu tourne sur des serveurs distants surpuissants, et seul le flux vidéo est retransmis sur votre machine. En clair, votre PC devient un simple terminal de streaming, capable de faire tourner des titres très gourmands comme Cyberpunk 2077 avec toutes les options graphiques, même avec une configuration modeste.

La nouveauté majeure est l'arrivée d'un client natif. Finie, la bidouille. Cette application dédiée promet une meilleure intégration système et des performances optimisées par rapport à l'accès via un simple navigateur web. Le gain en fluidité et en réactivité est palpable, rapprochant l'expérience de celle d'un jeu tournant localement.

Quelle configuration pour en profiter ?

L'un des principaux atouts du cloud gaming est sa faible exigence matérielle. Pour faire tourner GeForce Now sur Linux, les prérequis sont accessibles. Officiellement, NVIDIA supporte Ubuntu 24.04 LTS, mais grâce à la distribution via Flatpak, l'installation est possible sur de nombreuses autres distributions. Le point crucial reste le support du décodage matériel H.264/H.265 via Vulkan Video, assuré par les cartes graphiques récentes (NVIDIA série 10 minimum, ou équivalents AMD/Intel).

Bien entendu, la qualité de la connexion Internet est le nerf de la guerre. Une connexion de 15 Mbps est le minimum pour du 720p, tandis qu'il faudra viser 65 Mbps pour atteindre la 5K à 120 images par seconde. Une faible latence est également impérative, rendant une connexion Ethernet ou un Wi-Fi 5 GHz quasi obligatoire pour une expérience de jeu confortable et sans saccades.

Quels sont les abonnements et les limites ?

NVIDIA décline son offre en trois formules distinctes. Une formule gratuite permet de tester le service avec des sessions limitées à une heure et la présence de publicités. L'abonnement Performance, à 10,99 € par mois, débloque des sessions de 6 heures et une qualité allant jusqu'à 1440p avec ray tracing. Enfin, la formule Ultimate à 21,99 € par mois donne accès à la puissance des serveurs équipés de RTX 5080, au DLSS 4 et à du jeu jusqu'en 5K, avec des sessions de 8 heures.

Un détail important a toutefois été introduit : depuis janvier 2026, un plafond de 100 heures de jeu mensuelles s'applique aux abonnements payants. Au-delà, des frais supplémentaires sont facturés. Si cela peut sembler contraignant pour les joueurs les plus assidus, cela représente tout de même plus de trois heures de jeu par jour, un volume suffisant pour la grande majorité des utilisateurs de GeForce Now. Cette initiative positionne le cloud gaming comme une alternative de plus en plus crédible au jeu local.

Foire Aux Questions (FAQ)

Est-ce que tous mes jeux sont compatibles ?

Non, pas nécessairement. Bien que le catalogue de GeForce Now compte environ 2000 titres compatibles, il faut vérifier au cas par cas si le jeu que vous possédez est bien pris en charge par le service. La liste est consultable directement sur le site de NVIDIA.

Ai-je besoin d'un PC puissant pour utiliser GeForce Now sur Linux ?

Absolument pas. C'est tout l'intérêt du cloud gaming. Le jeu étant exécuté sur des serveurs distants, votre machine n'a besoin que d'une configuration minimale pour décoder le flux vidéo et d'une excellente connexion Internet. Un PC modeste peut ainsi faire tourner les jeux les plus récents en qualité maximale.

L'application est-elle stable même en version bêta ?

D'après les premiers retours, l'application est déjà très fonctionnelle. Quelques ajustements peuvent être nécessaires, notamment pour les utilisateurs de Wayland qui pourraient rencontrer des soucis d'affichage. Cependant, dans l'ensemble, l'expérience est jugée stable et performante pour une version bêta.