Depuis des mois, la rumeur d'un projet visant à unifier ses deux systèmes d'exploitation majeurs agitait l'écosystème Google, avec l'idée de combiner la maturité de l'interface bureau de ChromeOS avec l'immense catalogue d'applications d'Android.

La firme de Mountain View cherche ainsi à résoudre un double dilemme. D'une part, ChromeOS, bien qu'ayant trouvé sa place dans le secteur de l'éducation, n'a jamais réellement inquiété les géants Windows et macOS sur le marché grand public. D'autre part, Android, malgré sa domination écrasante sur mobile, a toujours peiné à proposer une expérience convaincante sur grand écran.

Aluminium OS, la réunion de ces deux mondes, est-elle enfin la clé pour conquérir l'ensemble des appareils, du smartphone à l'ordinateur ?

Une interface hybride, fruit de deux mondes

Les captures, issues d'un Chromebook HP Elite Dragonfly utilisé pour les tests internes, montrent une plateforme qui n'est ni tout à fait Android, ni tout à fait ChromeOS, mais bien un savant mélange des deux.

Le premier élément qui frappe est la barre des tâches, qui conserve une disposition familière pour les utilisateurs de Chromebooks, mais déplace le bouton Démarrer au centre, une signature esthétique empruntée à Android.

La barre d'état, située en haut de l'écran, affiche des icônes directement issues d'Android, comme celles de la batterie ou du Wi-Fi, une rupture nette avec l'approche plus minimaliste de son prédécesseur.

Ces vidéos confirment également que le système d'exploitation, dont le nom de code est ALOS, est une version de bureau d'Android 16. On y aperçoit le multitâche en écran partagé, fluide et fonctionnel, ainsi qu'un aperçu du Play Store, suggérant que la compatibilité totale avec les applications Android sera au cœur de l'expérience.

Le navigateur Chrome lui-même intègre un bouton « Extensions », une fonctionnalité jusqu'ici réservée à sa version de bureau, signalant une convergence profonde des fonctionnalités.

Quels sont les enjeux pour l'écosystème Google ?

Cette fuite involontaire place Google sous les feux des projecteurs bien plus tôt que prévu. Si Aluminium OS semble cohérent dans ses choix d'interface, de nombreuses questions restent en suspens.

La plus cruciale concerne l'adaptation des millions d'applications de l'écosystème Android, conçues avant tout pour un usage tactile sur smartphone, à une utilisation au clavier et à la souris.

Google Aluminium OS

Le succès de la plateforme dépendra en grande partie de la capacité de Google à convaincre les développeurs de repenser leurs applications pour ce nouvel environnement.

  

La stratégie matérielle est également une inconnue. Google choisira-t-il de lancer ChromeOS sur de nouveaux appareils haut de gamme pour concurrencer directement les MacBook et les Surface, ou assurera-t-il une transition pour le parc existant de Chromebooks ?

Une chose est sûre, la firme est en retard sur ce segment, alors que Microsoft et Apple ont déjà bien avancé dans la convergence de leurs propres écosystèmes. La pression est désormais sur Google pour transformer cette prometteuse ébauche en un produit capable de s'imposer.

Vers une nouvelle ère pour Android sur PC

Ce premier aperçu d'Android 16 en version bureau montre des choix de conception délibérés. Il ne s'agit pas simplement de porter Android sur un ordinateur portable, mais bien de créer une expérience utilisateur qui se veut à la fois familière pour les habitués des deux systèmes et optimisée pour la productivité.

Le curseur de la souris, par exemple, a été légèrement redessiné, un détail qui témoigne d'une attention portée à l'ergonomie de bureau.

Google Aluminium OS 02

L'un des enregistrements montre même un processus d'amélioration de la mise à jour du navigateur Chrome via le Play Store, qui ne force plus la fermeture de l'application.

Ce sont ces petites améliorations, combinées à la puissance de l'écosystème d'applications Android, qui pourraient faire la différence. Le véritable test viendra lorsque les utilisateurs et les développeurs pourront enfin mettre la main sur cette plateforme, mais cette fuite a au moins le mérite de confirmer que Google nourrit de très grandes ambitions pour l'avenir du PC.

Source : 9to5Google