Depuis plus de trois décennies, Hubble a redéfini notre vision du cosmos, nous offrant des images spectaculaires comme les Piliers de la Création et des découvertes fondamentales sur l'expansion de l'univers.

Mais cette sentinelle de l'espace vieillit et son orbite se dégrade inexorablement. Le couperet est tombé : des estimations récentes indiquent une rentrée atmosphérique bien plus proche qu'on ne le pensait, marquant potentiellement la fin imminente d'une ère d'exploration spatiale.

Pourquoi le télescope Hubble est-il en danger ?

La menace principale qui pèse sur Hubble est la traînée atmosphérique. Lancé à une altitude d'environ 579 kilomètres, le célèbre télescope spatial est aujourd'hui descendu à près de 525 kilomètres. Cette lente chute est un phénomène normal, mais elle est fortement accélérée par l'activité de notre étoile. Le Soleil influence la densité de la haute atmosphère terrestre, et les niveaux de flux solaire actuels, plus élevés et plus longs que prévu, augmentent cette friction. C'est ce qui précipite la chute de l'observatoire.

Selon les dernières modélisations, la date médiane de rentrée est fixée à 2033. Cependant, le risque n'est pas négligeable à plus court terme : il existe une probabilité de 10 % que cela se produise d'ici 2029. Une fois que son orbite atteindra l'altitude critique de 400 kilomètres, les experts estiment qu'il ne lui restera plus qu'un an avant sa désintégration finale. Le compte à rebours est donc bel et bien lancé.

Quelles sont les solutions pour sauver Hubble ?

Par le passé, des missions de maintenance ont permis de rehausser l'altitude de Hubble. La NASA avait même annoncé en 2022 une étude de faisabilité avec SpaceX pour envisager une mission de "reboost" visant à le remonter à 600 kilomètres et prolonger sa durée de vie de plusieurs années. Cette perspective semblait offrir un sursis bienvenu à l'instrument légendaire.

Toutefois, à ce jour, aucune suite concrète n'a été annoncée par l'agence spatiale américaine. L'inaction actuelle laisse donc le télescope face à son destin. Sans une intervention pour corriger sa trajectoire, la descente semble inéluctable, laissant un vide immense dans le paysage de l'observation spatiale et poussant la communauté scientifique à regarder vers de nouvelles solutions.

Qui prendra la relève de l'observatoire spatial ?

Alors que le sort du télescope Hubble semble scellé, une nouvelle ère s'ouvre avec une initiative privée sans précédent. L'ancien PDG de Google, Eric Schmidt, via sa fondation Schmidt Sciences, a annoncé le financement d'un nouveau télescope spatial majeur nommé Lazuli. Ce projet pourrait devenir le premier observatoire spatial de cette envergure entièrement financé par des fonds privés.

Prévu pour un lancement dès la fin 2028, Lazuli se positionne comme un successeur moderne. Il sera doté d'un miroir de 2,4 mètres, similaire en taille à celui de Hubble, mais bénéficiera de décennies d'avancées technologiques, d'instruments plus performants et d'une réactivité accrue. Placé sur une orbite elliptique beaucoup plus lointaine, il promet de repousser les frontières de notre connaissance, comblant le vide que laissera bientôt son illustre prédécesseur.

Foire Aux Questions (FAQ)

Quelles sont les découvertes majeures de Hubble ?

Hubble a permis de mesurer avec précision le taux d'expansion de l'univers, a fourni des preuves de l'existence de l'énergie noire et des trous noirs supermassifs. Ses images, comme le "Champ profond de Hubble", ont révélé des milliers de galaxies lointaines, offrant un aperçu de l'univers primitif.

Quand le télescope Hubble va-t-il retomber sur Terre ?

La date médiane estimée pour sa rentrée atmosphérique est 2033. Cependant, il existe un risque non nul, évalué à moins de 10 %, que cela se produise dès 2029, dans le pire des scénarios. Tout dépendra de l'évolution de l'activité solaire dans les années à venir.

En quoi le télescope Lazuli sera-t-il différent de Hubble ?

Lazuli sera le premier grand télescope spatial financé par des fonds privés. Bien que son miroir soit de taille similaire, il intégrera des technologies bien plus modernes, des instruments plus performants et une orbite plus éloignée de la Terre, lui permettant des observations différentes et une plus grande efficacité.