C'est une première historique pour la Station Spatiale Internationale. L'agence spatiale américaine, la NASA, a confirmé le retour anticipé de l'équipage Crew-11 en raison d'un problème de santé touchant l'un de ses membres.

Le désamarrage de la capsule Dragon est prévu pour le 14 janvier, avec un amerrissage attendu au large de la Californie le 15. Cette décision, bien que non qualifiée d'urgence absolue, marque un tournant dans la gestion des crises à bord du laboratoire orbital.

Quel est le problème médical à l'origine de cette décision ?

La NASA, invoquant le secret médical et la protection de la vie privée, n'a divulgué ni l'identité de la personne concernée ni la nature exacte du problème médical. L'équipage, composé des Américains Zena Cardman et Mike Fincke, du Japonais Kimiya Yui et du Russe Oleg Platonov, était arrivé en août pour une mission de six mois. Selon le médecin en chef de l'agence, James Polk, l'état de l'astronaute est "stable", mais le "risque persistant" et "l'incertitude du diagnostic" ont motivé ce retour prématuré, lié aux défis de la microgravité.

Cette situation a déjà eu des conséquences directes, avec l'annulation d'une sortie extravéhiculaire prévue le 8 janvier. Si la NASA a déjà connu des précédents médicaux mineurs en orbite, comme un nerf coincé en 2021 ou une gêne ressentie par un astronaute dans sa combinaison en 2024, jamais un problème n'avait justifié le retour de tout un équipage. Les voyages spatiaux mettent le corps à rude épreuve, entre la fonte musculaire et l'exposition aux rayonnements cosmiques.

Station spatiale internationale 02

Pourquoi rapatrier tout l'équipage pour un seul astronaute ?

La réponse tient à un principe de sécurité fondamental : un équipage ne reste jamais en orbite sans son moyen de transport. Selon l'astronaute Jean-François Clervoy, la procédure standard est claire. L'équipe qui arrive à bord d'un vaisseau repart avec ce même vaisseau. Dans ce cas, il s'agit de la capsule Crew Dragon de SpaceX. Laisser une partie de l'équipage Crew-11 sur la station les priverait de leur "canot de sauvetage" en cas de nouvelle urgence.

Après leur départ, un Américain et deux Russes resteront à bord, disposant de leur propre vaisseau pour un éventuel retour. Bien que la station ne soit pas un environnement stérile, qualifié de "nid à microbes" par les spécialistes, les occupants de l'ISS bénéficient de capacités médicales avancées. Chaque mission compte deux membres formés aux gestes d'urgence, capables de réaliser des échographies ou même des trachéotomies, avec l'appui constant des médecins au sol.

Quelles sont les conséquences pour la suite des opérations ?

Cette mission écourtée a un impact direct sur le planning de la NASA. L'équipage Crew-11 devait notamment mener des simulations d'alunissage en préparation du programme Artemis, qui vise un retour sur la Lune. Cet imprévu pourrait cependant avoir un effet d'accélérateur pour la mission suivante, Crew-12, qui doit embarquer l'astronaute française Sophie Adenot. Initialement prévu pour le 15 février, son départ pourrait être avancé pour limiter la période d'effectif réduit à bord de la station.

ISS station spatiale internationale

Cet événement met aussi en lumière l'un des derniers bastions de la coopération russo-américaine dans le contexte géopolitique actuel. L'exploitation de l'ISS continue de fonctionner grâce à un programme d'échange qui assure la présence conjointe des deux nations. La gestion de cette crise sanitaire inédite sera donc observée de près, car elle teste non seulement les protocoles médicaux mais aussi la solidité de cette collaboration internationale.

Foire Aux Questions (FAQ)

Qui sont les membres de l'équipage Crew-11 ?

L'équipage de la mission Crew-11 est composé de quatre personnes : les astronautes américains Zena Cardman (commandante) et Mike Fincke, l'astronaute japonais Kimiya Yui de la JAXA, et le cosmonaute russe Oleg Platonov de Roscosmos.

Est-ce la première évacuation médicale de l'histoire spatiale ?

Non, mais c'est une première pour la Station Spatiale Internationale. Par le passé, des cosmonautes soviétiques puis russes ont déjà dû écourter leur mission pour des raisons de santé, notamment pour des problèmes cardiaques ou des calculs rénaux. C'est cependant la première fois qu'un équipage complet est rapatrié de l'ISS pour un motif médical.

Combien de temps faut-il pour revenir de l'ISS en cas d'urgence ?

En théorie, une évacuation d'extrême urgence peut être réalisée en seulement 2 à 3 heures. Pour ce retour planifié, le processus sera plus long : le désamarrage est prévu le 14 janvier au soir et l'amerrissage au large de la Californie est attendu tôt le 15 janvier, après une descente de plusieurs heures.