Depuis plusieurs années, la stratégie d'Intel repose sur une architecture hybride combinant des cœurs performants (P-cores) et des cœurs efficients (E-cores).

Cependant, face à une concurrence toujours plus agile, l'entreprise semble revoir ses plans pour l'après-2026, avec des changements qui pourraient affecter toute sa gamme de produits, du grand public aux centres de données.

Vers une architecture unifiée et une collaboration avec NVIDIA ?

Les premières indications concernent la génération qui succédera à Nova Lake. Les puces Razer Lake, attendues autour de 2027, conserveraient une configuration de cœurs similaire mais introduiraient une nouvelle architecture de cœurs, avec Griffin Cove pour les P-cores et Golden Eagle pour les E-cores, promettant des gains de performance IPC à deux chiffres.

Intel Core

La véritable rupture interviendrait plus tard, avec la génération Hammer Lake, qui pourrait marquer la fin de la distinction P-core/E-core au profit d'un Cœur Unifié.

Cette approche rappellerait celle d'AMD avec ses cœurs Zen 5 et Zen 5c. En parallèle, la rumeur d'une collaboration avec NVIDIA pour la gamme Serpent Lake prend de l'ampleur.

Cette puce, qui pourrait être gravée par TSMC, intégrerait un iGPU NVIDIA basé sur l'architecture Rubin, visant directement les APU Halo d'AMD, marquant un tournant stratégique majeur pour Intel.

Le retour inattendu du processeur IA hybride

Au-delà des puces grand public, Intel a également réaffirmé son ambition dans le domaine de l'intelligence artificielle. Le PDG Lip-Bu Tan a évoqué le développement d'une solution hybride combinant des cœurs x86, un accélérateur IA à fonction fixe et, plus surprenant encore, une logique programmable (FPGA).

Ce projet de processeur hybride semble ressusciter une idée que l'industrie avait mise de côté. Face à l'appétit des modèles d'IA pour la puissance brute, les serveurs couplant CPU et GPU dédiés avaient pris le dessus.

Intel parie que pour des tâches à faible latence ou l'IA agentique, une puce hétérogène et étroitement intégrée pourrait se révéler bien plus pertinente.

Quelle stratégie pour affronter la concurrence ?

Ce nouvel appareil hybride ne vient pas remplacer les solutions existantes comme les GPU Crescent Island, optimisés pour l'inférence, ou le futur et massif Jaguar Shores, destiné à l'entraînement.

Il cible plutôt un segment que NVIDIA et AMD ont quelque peu délaissé : les déploiements sur site pour des charges de travail « éclatées » (bursty), où les GPU traditionnels sont souvent sous-utilisés.

Intel OneAPI

Le succès de cette double stratégie dépendra de la maturité logicielle, notamment autour de l'écosystème oneAPI, qui devra assurer une synchronisation parfaite entre les différentes composantes matérielles.

En explorant à la fois des collaborations externes et des architectures radicalement nouvelles, Intel montre sa volonté de ne plus subir, mais de proposer des solutions différenciantes pour reconquérir des parts de marché. L'avenir dira si ces paris audacieux porteront leurs fruits.