Une observation singulière a été faite au Royaume-Uni, à des milliers de kilomètres de Téhéran où la révolution gronde contre le gouvernement. Elle a été largement relayée par la presse britannique.
Alors que le régime iranien imposait une coupure d'Internet à l'échelle nationale, plusieurs comptes X très actifs, se présentant comme des nationalistes écossais, sont soudainement devenus silencieux.
Ce silence radio, parfaitement synchronisé avec la panne, a immédiatement ravivé les craintes d'une vaste campagne de désinformation orchestrée depuis l'étranger.
Des profils plus vrais que nature pour semer le chaos
Pendant des semaines, des profils aux noms évocateurs comme Scottish Lad Jake ou Proud Scottish lass Fiona ont inondé la plateforme de contenus particulièrement polarisants.
Leurs publications, souvent virales, diffusaient des théories du complot et des nouvelles volontairement alarmistes sur le Royaume-Uni, manifestant un intérêt clair à affaiblir et déstabiliser le pays.
Ils décrivaient des scénarios apocalyptiques : la livre sterling en chute libre, des chars de l'armée britannique dans les rues d'Édimbourg, ou encore la prise du château de Balmoral par des manifestants.
Ces récits, bien que totalement faux, visaient à semer la division et à exacerber les tensions politiques existantes autour du débat sur l'indépendance, une stratégie qui porte la signature d'opérations menées depuis l'Iran.
L'analyse sans appel des experts en cybersécurité
Cette interruption soudaine n'est pas une première. La société de cybersécurité israélienne Cyabra a souligné que ces mêmes comptes s'étaient déjà tus en juin de l'année précédente, lors d'une autre panne d'Internet en Iran consécutive à des frappes israéliennes. Le réseau était resté en sommeil pendant 16 jours avant de reprendre ses activités de plus belle.
L'analyse de Cyabra est éloquente : jusqu'à 26 % des comptes discutant de l'indépendance écossaise pourraient être des faux. Leur objectif, selon la firme, est de « détourner le discours politique » et d'amplifier artificiellement les clivages au sein de la société britannique, une tactique classique d'ingérence étrangère visant à fragiliser une démocratie occidentale de l'intérieur.
Une menace prise très au sérieux à Westminster
Face à ces révélations, la classe politique britannique a réagi vivement. Stephen Kerr, député conservateur écossais, a exhorté le gouvernement à lancer une enquête approfondie et a demandé à la plateforme X de bannir ce réseau de comptes suspects.
« Ce que nous savons déjà devrait inquiéter quiconque se soucie de la santé de notre démocratie », a-t-il déclaré.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de vigilance. Le Royaume-Uni a récemment placé l'Iran au plus haut niveau de surveillance de son nouveau dispositif contre les influences étrangères.
La question demeure : combien d'autres opérations de ce type se déroulent en silence sur les réseaux sociaux, et quelle sera la prochaine étape pour contrer cette menace hybride ?