Alors que le groupe danois avait lancé en 2021 son propre modèle, le set #21327 via la plateforme LEGO Ideas, celui-ci restait avant tout un objet d'exposition. Le clavier était mobile, mais la magie s'arrêtait là. Frustré par cette limite, Koenkun Bricks a décidé de repousser les frontières de la brique en plastique. Il a repris le concept, empruntant le design du clavier, pour le transformer en une machine totalement fonctionnelle, animée par la seule force de la gravité et d'élastiques.

Comment une machine en plastique peut-elle réellement écrire ?

Le secret de cette machine réside dans son approche unique : elle n'imite pas la frappe traditionnelle. Ici, il n'y a aucun ruban ni encre. Chaque touche du clavier est connectée à un mécanisme complexe qui libère une petite tuile LEGO sur laquelle une lettre est fixée. La pièce glisse alors le long d'une rampe, est retournée à 90 degrés par une arche incurvée pour être bien orientée, puis propulsée sur la plaque blanche qui sert de page.

Crédits : Koenkun Bricks

Le geste est simple : une pression sur une touche, et la lettre correspondante vient se clipser sur la feuille. Un système de poussoir, actionné par des élastiques au relâchement de la touche, assure que la tuile est fermement pressée contre la plaque. Le texte se compose ainsi, brique après brique, formant des mots et des phrases avec une précision surprenante. Le processus est lent, délibéré, mais entièrement fonctionnel.

Quels défis techniques a-t-il fallu surmonter ?

Reproduire fidèlement un mécanisme de machine à écrire classique aurait exigé une construction gigantesque et trop dense. Koenkun Bricks a donc dû faire preuve d'une ingéniosité remarquable pour conserver des dimensions proches d'un modèle réel, comme une Remington Cadet. Plutôt que copier, il a préféré redéfinir le principe même de l'écriture. Il a fallu de nombreux essais pour fiabiliser le système, notamment pour garantir que chaque tuile s'accroche correctement.

L'avancée du chariot est tout aussi astucieuse. Horizontalement, la plaque se décale automatiquement après chaque frappe grâce à un mécanisme à cliquet inversé, assurant un espacement régulier. Le passage à la ligne, lui, est manuel. L'utilisateur actionne une petite bobine qui soulève la plaque, imitant le geste des machines d'époque. L'ensemble du projet est une démonstration de la manière de détourner les contraintes pour en faire des solutions créatives.

Crédits : Koenkun Bricks

Au-delà de l'exploit, que représente ce projet ?

Cette création est bien plus qu'un simple objet impressionnant. Elle fonctionne sans aucun moteur ni la moindre pièce électronique, reposant uniquement sur une logique purement mécanique. C'est une célébration du geste, de la patience et de la matérialité de l'écriture. À une époque où tout va très vite, cette machine nous rappelle que chaque mot demande du temps et de la construction.

Ce projet est une véritable déclaration d'amour au design industriel et à l'expérimentation. Il prouve qu'avec suffisamment d'ingéniosité, même une simple brique peut devenir une lettre. Plus qu'un jouet, c'est un hommage à la patience et à la beauté des systèmes bien pensés, montrant que l'acte d'écrire peut aussi commencer par celui de construire.