Le gouvernement renonce, pour l'instant, à appliquer le malus au poids aux véhicules électriques en 2026.Cette décision, fruit d'un lobbying intense du secteur automobile, offre un répit à un marché encore fragile.

Si les SUV les plus lourds sont épargnés, la mesure pourrait toutefois être réintroduite dans les prochains budgets, dans un contexte de durcissement général de la fiscalité automobile.

La taxe sur la masse en ordre de marche, plus connue sous le nom de malus au poids, a été instaurée en 2022 pour compléter le malus écologique basé sur les émissions de CO₂.

Son objectif est de pénaliser financièrement les véhicules les plus lourds, qu’ils soient thermiques ou hybrides. Dans le cadre de la loi de finances pour 2026, il était initialement prévu d’étendre ce dispositif aux véhicules électriques, dont le poids est considérablement alourdi par les batteries. Cette perspective a suscité de vives inquiétudes chez les constructeurs et les distributeurs.

Un lobbying efficace face à une mesure jugée trop brutale

La volte-face du gouvernement est le résultat d'une mobilisation intense menée en coulisses par les professionnels du secteur. Des organisations comme Mobilians, qui représente les acteurs du commerce et de la réparation automobile, ont activement pesé sur les débats parlementaires pour obtenir le retrait de cette mesure.

L'argument principal était que l'application d'un malus au poids aurait freiné la dynamique de la voiture électrique à un moment crucial.

Appliquer une telle taxe dès 2026 aurait en effet porté un coup sérieux aux ventes, alors même que le marché reste particulièrement fragile et encore dépendant du soutien public.

Pour beaucoup d'observateurs, le signal envoyé par les pouvoirs publics aurait manqué de cohérence, en promouvant d'une main la transition vers l'électrique tout en la pénalisant de l'autre.

Les contours de la taxe qui a été abandonnée

Le projet initial visait spécifiquement les modèles électriques les plus imposants. Le seuil de déclenchement du malus avait été fixé à 2 100 kilogrammes, un chiffre bien plus élevé que celui des véhicules thermiques (abaissé à 1 499 kg) pour tenir compte du poids des batteries. Cette mesure ciblait donc principalement les grands SUV et les berlines familiales du segment supérieur.

Le législateur avait toutefois prévu des aménagements pour adoucir le dispositif. Un éco-score, décerné par l'Agence de la transition écologique, aurait permis d'exonérer totalement les véhicules jugés les plus vertueux, notamment ceux produits en Europe.

Des modèles comme les Peugeot E-3008 et E-5008 ou le BMW iX3 auraient ainsi pu échapper à la taxe, au contraire de nombreux concurrents, notamment chinois.

Un simple report plutôt qu'un abandon définitif

Il ne faut cependant pas interpréter cette décision comme une annulation pure et simple. Tout indique qu'il s'agit davantage d'un report stratégique que d'un véritable changement de cap politique.

Le sujet de la taxation des véhicules lourds, y compris électriques, reste bien présent dans les débats et pourrait ressurgir dès la préparation du prochain exercice budgétaire pour 2027.

Ce sursis accordé à l'électrique s'inscrit d'ailleurs dans un contexte de durcissement global de la fiscalité automobile. Le malus CO₂ continue de se renforcer année après année, avec un seuil de déclenchement abaissé et un plafond relevé.

La question de l'impact environnemental lié au poids des véhicules électriques n'est donc que provisoirement mise de côté et reviendra sans aucun doute sur la table.