Des recherches récentes révèlent que les méduses, malgré l'absence de cerveau centralisé, présentent des cycles de sommeil de huit heures, des siestes et un besoin de récupération.

Cette découverte suggère que le sommeil aurait évolué non pas pour le cerveau, mais comme un mécanisme fondamental de réparation de l'ADN des neurones, une fonction vitale vieille de centaines de millions d'années.

Un rythme de vie étonnamment familier

L'observation de l'espèce Cassiopea andromeda, une variété de méduse dite « à l'envers » (rien à voir avec Stranger Things), a révélé des habitudes déconcertantes de familiarité.

Ces créatures gélatineuses, qui passent leur vie les tentacules vers le haut dans les eaux peu profondes, respectent un cycle de repos d'environ huit heures, principalement nocturne.

Cassiopea Andromeda meduse

Plus surprenant encore, les chercheurs ont observé de courtes siestes en milieu de journée, durant une à deux heures. Et tout comme un humain après une nuit blanche, une méduse privée de repos dormira davantage le jour suivant pour compenser.

Ce phénomène, appelé contrôle homéostatique, était jusqu'alors principalement associé à des systèmes nerveux bien plus évolués.

La véritable raison d'être du sommeil ?

Mais à quoi bon dormir quand on est dépourvu de cerveau ? La réponse semble se trouver à l'échelle cellulaire. Les scientifiques ont découvert que l'état d'éveil provoque une accumulation de dommages dans l'ADN des cellules nerveuses des méduses.

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Le sommeil agirait alors comme une période de maintenance cruciale, permettant de réparer ces altérations. Lorsque les chercheurs ont artificiellement augmenté les dommages cellulaires via des rayons ultraviolets, les méduses ont instinctivement dormi plus longtemps, confirmant le lien direct entre la dégradation et le besoin de repos pour préserver leur intégrité.

Une fonction vitale bien plus ancienne que l'humanité

Cette découverte fondamentale suggère que le sommeil a évolué bien avant l'apparition des cerveaux centralisés. Il ne serait pas une fonction dédiée à la mémoire ou à la cognition, mais un mécanisme de protection cellulaire fondamental qui s'est maintenu au fil de l'évolution.

Pour le confirmer, les expériences ont été répliquées sur l'anémone de mer étoilée, Nematostella vectensis, qui a montré des résultats identiques.

Assister au repos d'une méduse, c'est donc observer une histoire évolutive vieille de millions d'années, un héritage qui explique peut-être pourquoi, encore aujourd'hui, le repos est si essentiel à la santé de nos propres neurones.