Motorola est depuis longtemps un acteur reconnu dans le monde des téléphones à clapet, notamment avec sa gamme Razr qui a su jouer sur la nostalgie. Cependant, le segment des smartphones pliants au format livre, pensé pour la productivité, était jusqu'à présent la chasse gardée de géants comme Samsung avec sa série Galaxy Z Fold ou Google avec son Pixel Fold.
En présentant son nouvel appareil Moto Razr Fold, la marque, désormais sous l'égide de Lenovo, ne se contente pas de rattraper son retard ; elle affiche clairement sa volonté de s'imposer comme un concurrent sérieux.
Un design qui ne part pas de zéro
Dès la première prise en main, le Motorola Razr Fold surprend par sa maturité. Loin d'un premier essai maladroit, l'appareil se compare favorablement aux ténors du marché.
Fermé, il propose un écran externe confortable de 6,6 pouces, lui donnant l'allure d'un smartphone classique. Une fois ouvert, il déploie une grande dalle interne de 8,1 pouces en résolution 2K, sans que des compromis évidents sur l'épaisseur ou la qualité perçue ne sautent aux yeux.
Motorola a visiblement misé sur un design soigné pour se démarquer. Le téléphone arbore des finitions en cuir végétalien et se décline en coloris Pantone, comme le « Blackened Blue ».
Malgré un module photo proéminent qui abrite trois capteurs, l'ensemble inspire une sensation de solidité et de confort, avec des lignes plus arrondies que certains concurrents, ce qui facilite sa manipulation.
Une fiche technique prometteuse, mais encore discrète
Sur le papier, le Razr Fold ne fait pas les choses à moitié, notamment en photographie. Il embarque un système photo polyvalent composé de trois capteurs de 50 mégapixels : un principal (équipé d'un capteur Sony LYTIA), un ultra grand-angle et un téléobjectif avec zoom optique 3x.
Les détails partagés lors du CES 2026 confirment aussi la présence d'un capteur selfie externe de 32 MP et un interne de 20 MP. Le constructeur reste cependant muet sur plusieurs points cruciaux, comme le prix ou le processeur exact qui animera l'appareil.
Les observateurs s'attendent à y trouver une puce haut de gamme, potentiellement le Snapdragon 8 Gen 5, mais rien n'a été confirmé. Le support du stylet Moto Pen Ultra est également de la partie, renforçant l'orientation productive du smartphone, dont le lancement est prévu pour l'été.
Qira, l'intelligence artificielle au cœur de l'écosystème
L'une des pierres angulaires de la stratégie de Motorola est son écosystème unifié d'intelligence artificielle, baptisé Qira. Cette plateforme, partagée avec les appareils Lenovo, vise à offrir une expérience cohérente et contextuelle, quel que soit le produit utilisé.
Qira s'appuie sur divers modèles de langage, comme ceux de Google, Microsoft ou Perplexity, pour anticiper les besoins de l'utilisateur sur son grand écran pliable.
Cette intégration logicielle profonde est présentée comme un différenciant majeur. Qira alimente des fonctionnalités pratiques comme « Catch Me Up », qui résume les notifications, mais aussi des projets plus futuristes comme le concept de pendentif IA « Project Maxwell ».
Pour le Razr Fold, la véritable bataille se jouera sans doute sur ce terrain : celui de l'expérience logicielle et de la pertinence de ses innovations pour justifier un positionnement tarifaire qui s'annonce élevé.