C'est une nouvelle qui place les Côtes-d'Armor sur la carte mondiale de l'exploration spatiale. L'antenne PB8, située sur le site historique du Centre de télécommunication par satellite de Pleumeur-Bodou, a été officiellement sélectionnée par l'agence spatiale américaine. Elle intègre un réseau international de stations au sol chargées de suivre le vol habité Artemis II, marquant le grand retour de l'humanité aux abords de la Lune.
Pourquoi cette sélection est-elle si exceptionnelle ?
La désignation de Pleumeur-Bodou n'est pas anodine. Le site breton est le seul et unique représentant français au sein d'un programme mondial très sélectif. La Nasa a en effet retenu seulement 34 sites répartis dans 14 pays pour former son réseau de suivi au sol. Sur le continent européen, seuls cinq sites ont eu cet honneur, ce qui positionne l'antenne PB8 comme un acteur de premier plan.
Cette reconnaissance met en lumière un projet porté à bout de bras par une équipe de passionnés. Loin des grands centres spatiaux institutionnels, l'antenne PB8 est opérée par l'association Observation Radio Pleumeur-Bodou (ORPB). Ce groupe, composé d'ingénieurs, de techniciens et d'enseignants, pour la plupart retraités, a consacré son énergie depuis 2007 à réhabiliter et entretenir cette infrastructure, l'une des dernières encore fonctionnelles sur ce pôle historique baptisé Phoenix.
Quel sera le rôle précis de l'antenne PB8 ?
La mission de l'équipe de Pleumeur-Bodou est à la fois technique et cruciale. Durant les dix jours que durera le périple du vaisseau Orion autour de la Lune, l'antenne PB8 sera chargée de recevoir et d'analyser les signaux radio émis en bande S. Ces signaux contiennent des données de télémétrie essentielles, permettant de suivre en temps réel la trajectoire et l'état de la capsule spatiale.
Il s'agit d'une contribution scientifique directe à la sécurité et au succès de la mission Artemis II. Ce vol habité est une répétition générale avant le retour effectif d'astronautes sur la surface lunaire, une première depuis la fin du programme Apollo au début des années 1970. Le suivi précis de la capsule est donc une priorité absolue pour les ingénieurs de l'agence spatiale américaine.
Lucien Macé et André Gilloire ont contribué à la remise en service de l’antenne PB8, à Pleumeur-Bodou, destinée au suivi du vaisseau Orion lors de la mission Artemis II de la NASA.
Crédits : Ouest-France
Quelles sont les implications pour le site breton ?
Au-delà de la fierté locale, cette sélection représente une validation majeure du savoir-faire technique préservé à Pleumeur-Bodou. Elle démontre la pertinence de maintenir en activité des infrastructures historiques et prouve que l'expertise spatiale n'est pas l'apanage des seules grandes agences. Pour l'association ORPB, c'est l'aboutissement de nombreuses années d'efforts et une vitrine exceptionnelle pour ses activités.
Cette collaboration avec une institution aussi prestigieuse contribue à renforcer la réputation du site sur les scènes nationale et internationale. Elle assure la permanence d'activités liées au spatial dans la région et pourrait inspirer de nouvelles vocations. L'association, qui organise déjà régulièrement des ateliers et des visites, voit son rôle de transmission et de valorisation du patrimoine scientifique et technique pleinement consacré par cette participation à une mission lunaire d'envergure.