Blue Origin, l'entreprise spatiale fondée par Jeff Bezos (créateur d'Amazon), a annoncé la mise en pause de son programme de vols touristiques suborbitaux avec New Shepard. Cette interruption, prévue pour une durée d'au moins deux ans, marque un virage stratégique pour la société.
Pour la nouvelle course à la Lune
La justification officielle est de réaffecter les ressources afin d'accélérer le développement des capacités lunaires de l'entreprise américaine. Blue Origin s'est engagé à soutenir " l'objectif de la nation de retourner sur la Lune et d'y établir une présence permanente et durable ".
Cette décision s'inscrit dans une compétition féroce avec SpaceX pour le programme Artemis de la Nasa, alors que plus de 500 personnes travaillaient sur le programme New Shepard. Malgré un prix estimé à un million de dollars pour un siège, ce dernier restait déficitaire.
Le recentrage sur les projets lunaires, tels que l'alunisseur Blue Moon et sans oublier le rôle de la fusée lourde réutilisable New Glenn, est perçu comme une nécessité pour tenir les délais et prouver la viabilité de l'entreprise sur des contrats gouvernementaux majeurs.
Quel bilan pour le programme New Shepard ?
Depuis son premier vol en avril 2015, le programme New Shepard a connu un succès notable. La fusée a réalisé 38 vols au total, transportant 98 personnes au-delà de la ligne de Kármán, la frontière reconnue de l'espace.
Parmi les passagers figurent des célébrités. Et si certaines d'entre elles ont été invitées par Blue Origin afin d'assurer la promotion, le groupe n'a pas échappé à des critiques pour du tourisme réservé aux milliardaires.
En plus des vols habités, New Shepard a également servi de plateforme pour plus de 200 charges utiles scientifiques et de recherche. En dépit d'une liste d'attente de clients fortunés, l'arrêt du programme semble sceller la fin d'une ère pour se tourner vers des ambitions plus lointaines.
Une bonne nouvelle pour la Nasa
Cette réorientation est largement perçue comme une bonne nouvelle pour la Nasa et l'industrie spatiale américaine. En concentrant ses forces, Blue Origin devient un concurrent plus crédible face à SpaceX pour les contrats du programme Artemis.
La Nasa a indiqué qu'elle ne mettrait pas tous ses œufs dans le même panier, et pourrait confier la mission Artemis III à Blue Origin en guise d'alternative si SpaceX n'est pas prêt à temps. Son alunisseur Starship HLS accumule des retards.
Cette compétition est exacerbée par les ambitions lunaires de la Chine, qui prévoit d'envoyer ses taïkonautes sur la Lune d'ici 2030.
N.B. : Source images : Blue Origin.