Après la récupération d'échantillons depuis la face cachée de la Lune, la prochaine mission robotique chinoise Chang'e-7, prévue pour 2026, marque une étape décisive dans l'exploration spatiale.

Composée d'un orbiteur, d'un atterrisseur et d'un drone sauteur inédit, elle ciblera le cratère Shackleton pour y débusquer des ressources vitales. Cette opération prépare le terrain pour une base permanente et l'arrivée de taïkonautes avant 2030.

Une armada technologique à l'assaut du relief

La mission qui se profile pour le second semestre 2026 ne ressemble à aucune autre tentative précédente. Il ne s'agit pas d'envoyer un simple module se poser, mais de déployer une véritable architecture complexe comprenant un orbiteur, un atterrisseur, un rover et une mini-sonde volante.

Cette débauche de moyens techniques vise un objectif précis : la mission Chang'e 7 doit réussir un atterrissage de haute précision près du cratère Shackleton. Ce site n'a pas été choisi au hasard : son relief tourmenté et ses conditions d'éclairage extrêmes représentent un défi d'ingénierie majeur pour les systèmes de navigation autonomes.

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L'innovation la plus marquante de ce dispositif est sans doute le hopper, un petit engin capable de se déplacer par bonds successifs. Contrairement aux rovers traditionnels qui peuvent s'enliser ou être bloqués par des rochers, ce robot sauteur pourra s'aventurer dans les zones accidentées et plonger dans les cratères perpétuellement ombragés.

C'est dans ces pièges à froid obscurs, situés au pôle sud, que les scientifiques espèrent trouver des réponses sur l'histoire du système solaire. La capacité d'aller voir sur place, plutôt que de se fier uniquement à la télédétection, change radicalement la donne pour l'exploration de ces territoires hostiles.

La quête de l'or bleu et les enjeux scientifiques

L'objectif premier de cette manœuvre audacieuse reste la détection et l'analyse de la glace d'eau. Cette ressource est considérée comme le Graal de l'exploration moderne, car elle conditionne la faisabilité d'une présence humaine à long terme.

Si l'on parvient à extraire et traiter cette eau, elle fournira non seulement de quoi boire, mais surtout de l'oxygène et du carburant pour les futures missions vers Mars.

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Les instruments embarqués, dont un analyseur de molécules d'eau, devront déterminer l'abondance et l'origine de ces volatils lunaires enfouis dans le régolithe.

Au-delà de la prospection minière, la mission emporte une panoplie d'instruments scientifiques pour étudier la poussière, le champ magnétique et l'exosphère. Ce laboratoire mobile permettra de dresser une carte détaillée de la stabilité thermique du sol, une donnée cruciale pour identifier les meilleurs emplacements de construction.

La Chine ne fait pas cavalier seul sur ce volet scientifique : des charges utiles provenant de Russie, d'Italie, d'Égypte et de Bahreïn seront intégrées à la plateforme, témoignant d'une volonté d'ouverture et de coopération internationale ciblée.

Vers une présence permanente et habitée

Cette mission agit comme un éclaireur pour des ambitions bien plus vastes, notamment la construction de la Station internationale de recherche lunaire (ILRS) prévue pour la décennie 2030.

En validant les technologies d'atterrissage de précision et de survie dans l'environnement polaire, Pékin pose les fondations concrètes de sa future base sur la lune.

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Il ne s'agit plus de planter un drapeau pour la gloire, mais de préparer l'infrastructure nécessaire à l'accueil des taïkonautes et à l'exploitation des ressources in-situ.

La compétition s'intensifie alors que le programme américain Artemis vise exactement les mêmes régions stratégiques du pôle Sud. Cependant, le calendrier chinois semble avancer avec une constance remarquable, prévoyant déjà la suite avec Chang'e 8 qui testera l'impression 3D à partir du sol lunaire dès 2028.

Cette course à l'installation, qui mêle science et influence géopolitique, définira probablement les normes de la nouvelle économie spatiale pour le siècle à venir. Qui parviendra le premier à transformer l'astre de la nuit en un véritable avant-poste logistique ?