L'entreprise a officiellement mis fin aux spéculations. Dans une communication récente, le PDG Carl Pei a clarifié la feuille de route de l'entreprise pour 2026 : le Phone (3), lancé en 2025, conservera son statut de porte-étendard.

Cette décision rompt avec la tradition des lancements annuels, une pratique quasi religieuse chez les géants du secteur qui conditionnent les consommateurs à des renouvellements constants.

Il justifie ce choix par la volonté d'offrir des améliorations significatives plutôt que des mises à jour annuelles. La marque se concentrera sur sa série milieu de gamme Phone (4a), promettant une expérience premium pour bousculer les conventions du secteur.

Une stratégie à contre-courant du marché

La justification derrière cette pause est celle de la pertinence : « Nous n'allons pas sortir un nouveau flagship chaque année juste pour le plaisir », a expliqué le dirigeant.

L'objectif affiché est de s'assurer que chaque nouvelle version représente une amélioration significative plutôt que de simples mises à jour incrémentales pour suivre un calendrier arbitraire.

Nothing Phone 3 dos

Nothing Phone (3) et écran Matrix

Cette philosophie s'inscrit dans un débat plus large sur la pertinence des cycles de renouvellement annuels, alors que les innovations matérielles se font de plus en plus discrètes.

En refusant de suivre le mouvement, la marque Nothing cultive son image de challenger, une identité que son fondateur peaufine depuis son départ de OnePlus.

Le milieu de gamme comme nouveau champ de bataille

Loin de se retirer du marché, la marque londonienne réoriente ses efforts de manière stratégique. Le véritable focus pour 2026 sera la série Phone (4a), qui promet d'être une « évolution complète » par rapport à ses prédécesseurs sur tous les plans, de l'écran à la performance.

Nothing Phone 3a gamme

Nothing Phone (3a) Pro / (3a)

Nothing cherche à brouiller les lignes entre le milieu de gamme et le premium. La direction a évoqué l'utilisation de « matériaux de qualité » et une « expérimentation audacieuse en termes de couleurs », suggérant une montée en gamme significative pour séduire les consommateurs qui hésitent à dépenser plus de 1000 euros pour un smartphone. Ce segment des appareils entre 400 et 600 euros est en pleine expansion.

Entre pari audacieux et risque calculé

Cette stratégie n'est pas sans risques. Faire l'impasse sur un flagship pourrait aliéner les premiers adeptes de la marque et laisser le champ libre à la concurrence pour prendre de l'avance technologiquement.

Le Nothing Phone (3) pourrait rapidement paraître daté face aux nouveaux processeurs et capteurs photo qui équiperont les modèles de 2026.

Cependant, cette décision est aussi soutenue par une analyse du marché. Le PDG Carl Pei a lui-même souligné la concurrence intense pour l'acquisition des composants, exacerbée par les besoins de l'infrastructure IA, ce qui devrait faire grimper les prix.

En se concentrant sur le Phone (4a), dont des fuites évoquent déjà une meilleure batterie et une étanchéité accrue, Nothing pourrait proposer un rapport qualité-prix plus pertinent. Affaire à suivre.