Le groupe Nvidia tient le rythme soutenu de son calendrier d’innovation. Alors que la gamme Blackwell bat son plein et que l'évolution Blackwell Ultra vient à peine d’émerger, le géant des semi-conducteurs pose déjà les premières briques de sa prochaine génération de processeurs.

Les nouvelles familles baptisées Rubin pour les GPU et Vera pour les CPU (en fait des superpuces CPU ARM + GPU Rubin) sont déjà en fabrication en usine et devraient voir le jour autour de 2026.

Rubin et Vera seront le fer de lance de la prochaine génération d'accélérateurs IA, de GPU gaming et  de composants pour l'automobile autonome comme pour les robots, associant processeur graphique et processeur central conçus de concert pour répondre aux besoins grandissants en intelligence artificielle et en calcul massif.

Une nouvelle feuille de route accélérée

Depuis plusieurs années, Nvidia suit une cadence précise : lancer une architecture GPU tous les deux ans. Après Hopper en 2022, puis Blackwell en 2024, c’est désormais au tour de Rubin de prendre le relais pour 2026.

Nvidia Rubin architecture graphique

Selon les informations rapportées par des sources industrielles, les puces sont déjà passées au *tape-out*, c’est-à-dire que leur conception est figée et les premiers prototypes sont désormais fabriqués en fonderie, notamment chez TSMC.

Nvidia entend conserver son avance dans un contexte où la demande en puissance de calcul augmente à un rythme inédit. Avec la montée en charge des modèles d’IA générative, les entreprises recherchent des infrastructures toujours plus rapides et plus efficaces pour l’entraînement et l’inférence.

Rubin et Vera : un duo inédit GPU + CPU

Jusqu’ici, Nvidia était avant tout connu pour ses GPU, véritables moteurs des applications d’apprentissage profond. Mais avec Vera, la firme poursuit le virage d’un rapprochement entre le GPU et le CPU amorcé avec la superpuce Grace.

En maîtrisant et en intégrant ses propres CPU ARM, Nvidia cherche à proposer une plateforme unifiée. Cela signifie moins de dépendances à des acteurs tiers et surtout des performances optimisées grâce à une conception coordonnée. Dans les faits, les Rubin GPU et Vera CPU seront pensés pour fonctionner ensemble, de la communication haute vitesse à la gestion énergétique.

Nvidia veut maintenir son avantage face à certains concurrents, notamment AMD avec ses processeurs EPYC et GPU MI300, ou encore Intel avec ses combinaisons Xeon et accélérateurs Gaudi. Et son poids dans les infrastructures IA lui confère une position favorable pour imposer son écosystème.

Un calendrier qui confirme la domination de Nvidia

L’arrivée annoncée en 2026 de Rubin et Vera ne signifie pas que Blackwell soit déjà dépassé. Bien au contraire, cette génération est encore en cours de déploiement et reste au cœur des serveurs destinés à l’IA.

Mais Nvidia prévoit déjà la suite afin de rester l'acteur de référence sur le marché de l'IA. La société a pour stratégie de minimiser la latence entre deux générations de puces, ce qui lui permet d’ajuster rapidement ses produits aux besoins du marché.

Nvidia roadmap architecture graphique Rubin Feynman

Cette stratégie met aussi en lumière l’avantage compétitif de Nvidia : une capacité à imposer son rythme technologique tout en solidifiant les partenariats de production avec TSMC.

L’entreprise bénéficie d’une force de frappe industrielle qui l’autorise à lancer régulièrement des cycles d’innovation rapides, tout en restant alignée sur l’évolution de la demande mondiale.

Un enjeu mondial face à une concurrence accrue

Derrière ce nouveau duo GPU/CPU se cache un enjeu géopolitique et économique. Les infrastructures d’IA sont au cœur des stratégies nationales, tant pour les investissements cloud que pour la recherche en intelligence artificielle.

Les États-Unis, la Chine et l’Europe observent de près les avancées de Nvidia, car ces puces détermineront largement les capacités futures des centres de données.

AMD Instinct MI300

En parallèle, la concurrence ne relâche pas la pression. AMD a déjà engagé une trajectoire ambitieuse avec ses GPU MI300 (et bientôt MI400) et ses plateformes combinées avec EPYC, tandis qu’Intel tente de regagner du terrain avec Gaudi 3 et ses futurs processeurs Xeon Clear Forest gravés en Intel 18A.

La position dominante acquise par Nvidia au fil des ans dans le domaine du deep learning assure à Rubin et Vera une visibilité immédiate avant même leur sortie. La question reste entière : cette stratégie suffira-t-elle à contrer les offensives de ses rivaux et à assurer à Nvidia le monopole technologique qu’elle détient sur l’IA ? Les deux années à venir seront sans doute décisives.