La nouvelle est tombée ce lundi 19 janvier : face à une situation devenue intenable, le groupe Orange a tranché. 300 salariés du site de Saint-Mauront, dans le 3e arrondissement marseillais, vont quitter leurs bureaux.

Cette mesure drastique fait suite à une série d'incidents graves, dont des tirs sur la façade du bâtiment, mettant en lumière la pression exercée par le trafic de drogue local.

Pourquoi Orange a-t-il pris une telle décision ?

La décision n'a pas été prise à la légère et signe l'épilogue de mois de tensions. Déjà en novembre, une première fermeture temporaire avait été imposée suite à des "bagarres" et à la proximité immédiate de points de deal. Mais la découverte, le 7 janvier, de plusieurs impacts de balles sur les murs et dans des salles de réunion a été le point de non-retour. Cet événement a provoqué une vive émotion parmi les 1 000 salariés du site.

L'enquête sur les tirs est en cours, mais pour la direction, la priorité absolue est devenue la sûreté des employés. "L'objectif aujourd'hui, c'est la sûreté et la sécurité des salariés", a martelé un porte-parole de l'entreprise Orange. La préfecture de police avait pourtant tenté de rassurer en renforçant les patrouilles, mais cela n'a visiblement pas suffi à endiguer le climat d'insécurité.

Quelles solutions sont proposées aux salariés concernés ?

La réorganisation concerne spécifiquement les 300 salariés dits "du tertiaire". Plusieurs options leur sont proposées pour continuer leur activité dans de meilleures conditions. L'opérateur leur offre le choix entre rejoindre d'autres sites du groupe, s'installer dans des espaces de co-working, ou opter pour le télétravail. C'est une réponse directe aux demandes répétées des syndicats qui alertaient sur la situation depuis des mois.

Cependant, tout le monde ne quitte pas le navire. Environ 200 techniciens, dont la présence sur le site de Saint-Mauront est indispensable pour des raisons techniques, devront continuer à s'y rendre. Pour eux, un "dispositif de sécurité adapté" a été promis. Selon le délégué CFE-CGC Sébastien Crozier, la plupart viennent en voiture et travaillent en sous-sol, ce qui "minimise les risques" d'exposition.

Quel est l'impact de cette situation pour la ville ?

Ce déménagement forcé est un symbole puissant de la difficulté à maintenir une activité économique sereine dans certains quartiers de Marseille. Le site de Saint-Mauront, situé près de la cité Félix Pyat, est implanté dans l'un des secteurs les plus paupérisés de la ville. Le départ, même partiel, d'un employeur majeur, qui cherche un site supplémentaire "depuis plusieurs mois", envoie un signal inquiétant sur l'emprise du narcotrafic.

L'affaire met en lumière la porosité entre la vie des entreprises et les problématiques de sécurité publique. Quand une multinationale est contrainte de vider une partie de ses locaux à cause de la criminalité, cela pose la question de la capacité des pouvoirs publics à garantir un environnement sûr pour tous, salariés comme habitants.

Foire Aux Questions (FAQ)

Pourquoi les salariés d'Orange à Marseille déménagent-ils ?

Ils déménagent en raison d'une grave insécurité autour de leur site de Saint-Mauront, marquée par la proximité de points de deal et la découverte récente de plusieurs impacts de balles sur le bâtiment, rendant les conditions de travail trop dangereuses.

Tous les employés du site sont-ils concernés par cette mesure ?

Non, la mesure concerne 300 salariés du secteur tertiaire qui se voient proposer des alternatives comme le télétravail ou d'autres sites. Environ 200 techniciens, dont la présence est nécessaire, resteront sur le site avec des mesures de sécurité renforcées.