Ce 2 février 2026, l'Europe du paiement a posé un acte fondateur en annonçant un protocole d'accord historique entre ses principaux acteurs nationaux. L'objectif ? Mettre fin à la dépendance écrasante envers les réseaux américains qui contrôlent la quasi-totalité des transactions par carte sur le continent. C'est une question de souveraineté, mais aussi de contrôle technologique et financier.
Comment va fonctionner ce nouveau système de paiement unifié ?
Loin d'une fusion qui effacerait les marques locales, le projet repose sur une plateforme d'interopérabilité. Concrètement, les consommateurs conserveront leurs applications habituelles, qu'il s'agisse de Wero en France, de Bizum en Espagne ou de Vipps MobilePay dans les pays nordiques. La force du système réside dans cette couche technique commune qui permettra à ces solutions de communiquer de manière fluide pour des paiements instantanés de compte à compte, basés sur les standards européens.
Pour le consommateur, l'expérience sera transparente. Pour le commerçant, l'adoption sera facilitée par la mise en place d'un nouveau logo commun. Ce badge visuel, apposé à côté des marques locales, signalera instantanément la compatibilité du service partout en Europe, que ce soit pour un achat en ligne ou dans une boutique physique. Une approche pragmatique qui respecte les écosystèmes existants tout en bâtissant une infrastructure paneuropéenne.
Quelle est la force de frappe de cette coalition ?
La puissance de cette alliance est sa masse critique immédiate. En unissant leurs forces, les partenaires couvrent déjà treize pays et touchent une base de 130 millions d'utilisateurs potentiels. C'est un argument de poids pour convaincre les marchands d'adopter la solution. Cette initiative, parfois surnommée "l'Airbus du paiement", rassemble de véritables champions nationaux qui ont déjà fait leurs preuves sur leurs marchés respectifs, un gage de robustesse et de confiance pour l'ensemble de l'Europe.
Cette coalition n'est pas un club fermé. Elle est explicitement ouverte à tous les pays du continent, y compris ceux hors de la zone euro comme la Suisse. La stratégie est de créer une alternative crédible et souveraine à Visa, en offrant aux banques et aux prestataires européens une infrastructure qu'ils contrôlent de bout en bout. La dynamique est lancée pour réduire significativement la dépendance aux acteurs internationaux.
Quand pourrons-nous utiliser ce service concrètement ?
La feuille de route est précise : le déploiement se fera en deux temps forts. Dès cette année 2026, les virements entre particuliers (P2P) transfrontaliers seront activés. Un utilisateur français de Wero pourra ainsi envoyer de l'argent en quelques secondes à un contact espagnol utilisant Bizum, directement depuis son téléphone. C'est la première étape concrète pour le grand public, face au duopole Mastercard et son concurrent.
La seconde phase, prévue pour 2027, verra l'extension du service aux paiements chez les commerçants, que ce soit en e-commerce ou en point de vente physique. Cette étape cruciale permettra de couvrir l'ensemble des cas d'usage du quotidien et d'ancrer définitivement cette solution européenne comme une alternative viable et complète dans les habitudes de consommation. Le calendrier de déploiement semble donc bien engagé.
Foire Aux Questions (FAQ)
Qu'est-ce que Wero ?
Wero est la solution de paiement numérique développée par l'European Payments Initiative (EPI). En France, elle succède à Paylib et permet d'effectuer des virements instantanés de compte à compte en utilisant simplement un numéro de téléphone mobile. Elle constitue le fer de lance de l'EPI pour la France, l'Allemagne et la Belgique.
Est-ce la fin programmée de Visa et Mastercard en Europe ?
Pas immédiatement. L'objectif n'est pas de les remplacer du jour au lendemain, mais de construire une alternative européenne souveraine et compétitive. Cette nouvelle solution vise à réduire la dépendance stratégique vis-à-vis des réseaux américains et à offrir plus de choix aux consommateurs et aux commerçants, en rééquilibrant le marché.
Ce nouveau système est-il sécurisé ?
Oui, la sécurité est au cœur du projet. Le système s'appuie sur l'infrastructure du virement instantané SEPA (Single Euro Payments Area), qui est déjà utilisée par toutes les banques européennes et répond aux plus hauts standards de sécurité bancaire. Les transactions s'effectuent directement de compte à compte, via les applications bancaires sécurisées des utilisateurs.