Au début du mois de janvier, une publication sur le subreddit r/confession a provoqué une onde de choc. Un utilisateur anonyme, se présentant comme un développeur repentant, y détaillait les pratiques prétendument cyniques d'une grande plateforme de livraison. Le texte décrivait avec force détails des systèmes pour retarder les commandes, des pourboires détournés et surtout un glaçant « score de désespoir » utilisé pour évaluer la précarité des coursiers, qualifiés en interne d'« actifs humains ».

Comment une fausse confession est-elle devenue virale avant d'être démasquée ?

La viralité du message a rapidement attiré l'attention, tant sa description faisait écho aux critiques récurrentes sur les conditions de travail dans ce secteur. Cependant, les premiers doutes sont vite apparus lorsque le texte a été soumis à plusieurs détecteurs d'IA. Des outils comme Copyleaks, GPTZero et même les modèles avancés comme Gemini ou Claude ont majoritairement identifié le contenu comme une production IA générée, malgré quelques résultats contradictoires qui ont d'abord semé la confusion.

Uber Eats

Face aux soupçons grandissants, les journalistes ont contacté l'auteur, connu sous le pseudonyme Trowaway_whistleblow. Pour prouver son identité, il a fourni une photo de son supposé badge d'employé. L'analyse de l'image via Google Gemini a cependant révélé la présence d'un filigrane numérique SynthID, une signature invisible indiquant que l'image avait été éditée ou créée par une intelligence artificielle de Google. De plus, le badge affichait des incohérences, mentionnant explicitement Uber Eats au lieu du simple « Uber » habituel, ce qui a encore renforcé les doutes sur son authenticité.

Quelles ont été les conséquences et les réactions face à cette supercherie ?

Les réactions des entreprises directement mises en cause ne se sont pas fait attendre. Tony Xu, le PDG de DoorDash, a publié une réponse virulente sur X, qualifiant les allégations d'« épouvantables » et affirmant qu'il licencierait sur-le-champ quiconque tolérerait une telle culture. Andrew Macdonald, Vice-Président Senior chez Uber, a également nié en bloc, suspectant une fabrication de toutes pièces et rappelant qu'il ne faut pas croire tout ce qu'on lit sur internet.

Cette affaire, bien que basée sur une fausse information, met en lumière un problème de fond : la réputation ternie des plateformes de livraison. Si le post a été si facilement cru, c'est parce qu'il s'appuyait sur une méfiance bien réelle du public envers ces entreprises, souvent critiquées pour le traitement de leurs livreurs. Finalement, personne n'a été directement lésé, mais cet épisode s'apparente à une arnaque sophistiquée qui expose la difficulté croissante de distinguer le vrai du faux à l'ère de l'IA.