Le PDG de Qualcomm, Cristiano Amon, a officiellement confirmé lors du CES 2026 que des discussions étaient en cours avec Samsung Foundry. L'objet de cette potentielle alliance ?

La fabrication en sous-traitance des futures puces Snapdragon gravées avec le procédé le plus avancé du moment : la technologie 2 nanomètres. Une annonce qui vient rebattre les cartes dans un secteur ultra-concurrentiel.

Un virage stratégique pour Qualcomm ?

Depuis plusieurs années, Qualcomm avait confié la production de ses puces les plus performantes, le cœur de sa gamme Snapdragon, au fondeur taïwanais TSMC.

Cette dépendance, bien que gage de fiabilité, représentait un risque non négligeable pour sa chaîne d'approvisionnement. Le retour vers Samsung est donc une manœuvre de « dual-sourcing » mûrement réfléchie.

En 2019, Cristiano Amon soulignait déjà les liens forts entre Qualcomm et Samsung
(credit : GNT)

En diversifiant ses partenaires, l'entreprise américaine s'assure non seulement une plus grande sécurité logistique mais gagne aussi un levier de négociation important.

Selon Cristiano Amon, la phase de conception de ces puces 2 nm est déjà achevée, ce qui laisse entrevoir une commercialisation dans un avenir très proche.

Pour rappel, Qualcomm et Samsung sont des partenaires de longue date mais les limitations des techniques de gravure du groupe sud-coréen, notamment en matière de rendement, les ont éloignés durant plusieurs années.

L'optimisation des techniques et la maîtrise des transistors GAA, utilisés depuis la gravure en 3 nm, pourraient enfin donner à Samsung les arguments qui lui manquaient jusqu'à présent face à son rival.

Le retour en grâce de la technologie Samsung

La branche fonderie de Samsung a connu des moments difficiles, ses précédents procédés de gravure souffrant de problèmes de gestion thermique et d'efficacité par rapport à ceux de TSMC.

Cependant, le vent semble avoir tourné. Le géant sud-coréen a visiblement corrigé le tir avec sa deuxième génération de gravure, connue sous le nom de SF2P.

Cette avancée technologique a déjà convaincu des clients de premier plan, comme Tesla pour ses puces dédiées à l'intelligence artificielle. D'autres acteurs majeurs comme AMD ou Google envisageraient également de faire appel à Samsung Foundry.

L'annonce de ce rapprochement avec Qualcomm a d'ailleurs été accueillie positivement par les marchés financiers, renforçant la confiance des investisseurs.

Quelles puces et pour quels appareils ?

Si aucun nom officiel n'a été divulgué, les experts du secteur spéculent déjà. Le processeur concerné par cet accord pourrait être le Snapdragon 8 Elite Gen 5 ou une de ses variantes.

Il est fort probable que ces nouvelles puces équipent les futurs smartphones haut de gamme, notamment les prochains modèles pliables de la série Galaxy Z.

Cette compétition renouvelée entre les deux plus grands fondeurs mondiaux est une excellente nouvelle pour l'industrie et les consommateurs. Elle devrait accélérer l'innovation et potentiellement influencer les performances et le coût des futurs appareils.

Le retour de Samsung au premier plan est désormais un fait à surveiller de près, car il redéfinit les équilibres de pouvoir dans la fabrication de semi-conducteurs. Cela ne devrait pas empêcher TSMC de rafler le plus gros des commandes de puces gravées en 2 nm tant le marché est stimulé par la croissance du secteur de l'intelligence artificielle et des besoins de miniaturisation des composants.