SpaceX, en collaboration avec Kyiv, a mis en place des mesures efficaces pour contrer l'utilisation non autorisée de son service internet Starlink par la Russie, notamment pour le guidage de drones.
Elon Musk confirme le succès de cette première étape, tandis que l'Ukraine prépare un système pour n'autoriser que les terminaux vérifiés sur son territoire.
Une collaboration décisive pour des résultats immédiats
La confirmation est venue directement du PDG de SpaceX, Elon Musk, qui a déclaré sur le réseau social X que les mesures prises pour stopper l'usage non autorisé de Starlink par la Russie "semblaient avoir fonctionné".
Cette déclaration fait suite à des semaines d'inquiétude après la découverte par les forces ukrainiennes de terminaux Starlink sur des équipements russes capturés. La réponse rapide de l'entreprise américaine a été saluée par les autorités ukrainiennes, qui voient dans cette action un pas crucial pour la sécurité nationale.
Restes d'un drone russe avec antenne Starlink
Le ministre ukrainien de la Défense, Mykhailo Fedorov, a précisé que cette coopération avait déjà produit des "résultats rapides" dans la lutte contre les drones d'attaque russes.
L'utilisation de la connectivité Starlink par Moscou permettait à ces engins de frapper plus loin et avec plus de précision sur le territoire ukrainien. L'enjeu était donc de taille : priver l'adversaire d'une technologie occidentale qu'il avait réussi à se procurer et à détourner à des fins militaires.
Vers une solution durable : le filtrage des terminaux
Au-delà de cette première intervention, Kyiv et SpaceX travaillent main dans la main sur des solutions à long terme. Mykhailo Fedorov a annoncé le développement prochain d'un système qui n'autorisera que les terminaux vérifiés et approuvés à fonctionner sur le territoire de l'Ukraine.
Cette mesure, s'apparentant à une forme de liste blanche géographique et matérielle, vise à rendre inopérants tous les terminaux qui seraient acquis par des voies détournées. C'est une étape fondamentale pour garantir que la technologie reste au service exclusif de la défense ukrainienne.
Le conseiller du ministre, Serhii Beskrestnov, a qualifié les actions actuelles de temporaires, avant la mise en place de solutions globales plus robustes. Les mesures visent la protection des infrastructures et des populations civiles et militaires.
SpaceX a de son côté réaffirmé sa position officielle, précisant qu'elle ne vend ni n'expédie de terminaux en Russie et qu'elle n'entretient "aucune relation commerciale" avec le gouvernement russe ou son armée, qualifiant les rapports contraires de "catégoriquement faux".
Starlink, un acteur géopolitique au cœur du conflit
Depuis le début de l'invasion à grande échelle en 2022, le service internet par satellite Starlink est devenu un pilier des communications pour l'armée ukrainienne.
Avec plus de 50 000 terminaux déployés, il offre une connexion fiable et sécurisée sur la ligne de front, souvent préférée aux communications radio traditionnelles.
Cette dépendance a conféré à Elon Musk un poids géopolitique considérable, lui donnant de fait un certain contrôle sur les capacités de communication d'une nation en guerre.
Malgré des tensions passagères rapportées par le passé, la collaboration actuelle démontre une volonté commune de sécuriser cet outil vital. Cette crise a mis en lumière la double nature de ces technologies civiles lorsqu'elles sont déployées dans un contexte de conflit armé.
La prochaine étape sera donc de surveiller l'efficacité du nouveau système de filtrage et de voir comment la Russie tentera, ou non, de contourner ces nouvelles barrières technologiques.