D'une phrase, Elon Musk a fixé le cap : son vaisseau Starship partira pour la planète rouge fin 2026. Une déclaration audacieuse pour le patron de SpaceX. Pourtant, après une année 2025 compliquée, marquée par des essais aux résultats mitigés, cette promesse semble pour beaucoup relever de l'impossible.

Entre les explosions spectaculaires et les succès d'amerrissage contrôlé, le chemin vers la conquête martienne est encore semé d'embûches techniques majeures.

Quels sont les véritables obstacles pour le Starship ?

Le principal défi n'est pas tant d'envoyer une fusée, mais de s'assurer que le Starship est fiable. Le lanceur a connu un crash retentissant en mai 2025 avec une désintégration lors de sa rentrée atmosphérique. Même si des progrès ont été faits, des étapes cruciales manquent encore à l'appel. L'entreprise doit encore prouver sa capacité à réaliser un vol orbital complet avec récupération de l'étage supérieur, une manœuvre essentielle pour sa stratégie de réutilisabilité.

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Plus complexe encore, la mission exige une opération de transfert de carburant en orbite. Cela implique de lancer un vaisseau cible, puis un second pour le rejoindre et effectuer le ravitaillement. Ces tests, prévus au cours des huit lancements de 2026, sont des prérequis non négociables pour un voyage aussi long. Le moindre échec sur ces points critiques repousserait inévitablement l'échéance de plusieurs années.

Pourquoi Elon Musk insiste-t-il sur la date de 2026 ?

Cette date n'est pas choisie au hasard. Elle correspond à une fenêtre de tir orbitale idéale, où la distance entre la Terre et la planète rouge est la plus courte. Ce phénomène, appelé "l'opposition de Mars", ne se produit que tous les 26 mois. Manquer le créneau de fin 2026 signifierait donc devoir attendre 2028. C'est une véritable course contre la montre cosmique.

Au-delà de l'astronomie, il y a une évidente stratégie de communication. Les annonces audacieuses d'Elon Musk servent à maintenir la pression, motiver ses équipes et capter l'attention médiatique, surtout à l'approche de l'introduction en bourse de l'entreprise. C'est une méthode qui a souvent porté ses fruits, même si les délais initiaux sont rarement tenus.

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Quelles sont les conséquences d'un éventuel retard ?

Un échec à tenir ce calendrier pour Mars n'est pas le seul enjeu. SpaceX joue un rôle central dans le programme Artemis de la NASA, qui vise à ramener des astronautes sur la Lune d'ici 2028. Le Starship est essentiel pour cette mission, devant servir d'atterrisseur lunaire (HLS) et nécessitant la mise en place de dépôts de carburant en orbite.

La NASA observe donc la situation de très près. Face à la course spatiale engagée avec la Chine, qui ambitionne d'envoyer ses taïkonautes sur la Lune en 2030, tout retard américain est critique. L'agence américaine a déjà laissé entendre qu'elle pourrait se tourner vers d'autres partenaires, comme Blue Origin, si SpaceX ne parvient pas à livrer un lanceur fiable à temps. La crédibilité de l'entreprise est donc directement mise en jeu.

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Foire Aux Questions (FAQ)

Le Starship a-t-il déjà volé avec succès ?

Oui, mais avec des résultats variables. Après une explosion spectaculaire en mai 2025, le Starship a réussi deux amerrissages contrôlés plus tard dans l'année. Cependant, il n'a pas encore réalisé un vol orbital complet avec récupération de ses deux étages, une étape indispensable pour la suite du programme.

Pourquoi le transfert de carburant en orbite est-il si important ?

Pour un voyage vers Mars, le Starship doit être entièrement ravitaillé en carburant une fois en orbite terrestre. Sans cette capacité, le vaisseau n'aurait tout simplement pas assez de poussée pour atteindre la planète rouge et potentiellement en revenir. C'est un défi technique majeur qui n'a jamais été réalisé à cette échelle.

La NASA dépend-elle entièrement de SpaceX pour aller sur la Lune ?

Pour la mission Artemis III, oui, le Starship a été sélectionné comme atterrisseur lunaire. Cependant, face aux retards potentiels, la NASA explore des alternatives et pourrait faire appel à d'autres entreprises privées pour ne pas compromettre son calendrier lunaire face à la concurrence internationale.