C’est une nouvelle phase qui s’engage dans la lutte contre le piratage sportif en France. Après avoir ciblé les fournisseurs d'accès, la justice s'attaque maintenant aux intermédiaires techniques qui permettaient de contourner les premières mesures.

Google et plusieurs géants du VPN sont désormais en première ligne, contraints de devenir des acteurs actifs de la répression.

Pourquoi le DNS de Google est-il désormais une cible ?

Pendant des années, la parade était assez simples pour les resquilleurs. Lorsqu'un fournisseur d'accès à Internet bloquait un site de streaming illégal, il suffisait à l'internaute de changer ses paramètres réseau pour utiliser le DNS public de Google, le fameux 8.8.8.8, et l'accès était immédiatement restauré. Cette échappatoire, connue de tous les amateurs du genre, vient de se refermer brutalement.

L'ordonnance du tribunal force Google à répliquer les blocages, transformant son résolveur DNS en un outil de la stratégie anti-piratage. La mesure est d'autant plus redoutable qu'elle est dynamique : si les sites ciblés changent de nom de domaine pour réapparaître, l'ARCOM peut valider ces nouvelles adresses et Google devra les bloquer à leur tour, mettant fin au classique jeu du chat et de la souris.

Quelle a été la défense de Google et pourquoi a-t-elle échoué ?

Face à cette injonction, la firme américaine a tenté de se défendre en invoquant le principe de subsidiarité. Google argumentait qu'il serait plus logique et efficace de neutraliser à la source les sites, notamment ceux utilisant le CDN de Cloudflare, rendant ainsi le blocage plus robuste. Selon eux, un blocage DNS reste contournable via un autre résolveur ou un VPN.

Le tribunal a balayé cet argument d'un revers de main. La décision martèle que le Code du sport n'impose aucune hiérarchie dans les cibles des demandes de blocage. Fournisseurs d'accès, moteurs de recherche et résolveurs DNS peuvent être sollicités simultanément. Cette jurisprudence confirme la stratégie française du blocage tous azimuts, refusant toute échappatoire procédurale aux géants de la tech sur la question du blocage de domaines.

Les VPN sont-ils la nouvelle ligne de front ?

L'offensive ne s'arrête pas à Google DNS. Dans une extension logique de cette stratégie, la justice a également contraint plusieurs services VPN majeurs, dont NordVPN, ExpressVPN ou Surfshark, à rendre inaccessibles les sites diffusant illégalement la Ligue des champions. Les couches de contournement elles-mêmes deviennent des cibles.

Les fournisseurs de VPN ont bien tenté d'opposer leur politique de « no-log », affirmant ne pas pouvoir identifier les utilisateurs basés en France. L'argument a été jugé irrecevable. Le tribunal a estimé que les contrats passés avec les clients ne pouvaient prévaloir sur la protection des droits des ayants droit. Les VPN ne sont plus vus comme des outils neutres, mais comme des maillons à part entière de l'écosystème numérique, désormais mobilisables dans la lutte anti-piratage.

Foire Aux Questions (FAQ)

Qu'est-ce que cette décision change pour un utilisateur d'IPTV pirate ?

Concrètement, l'accès aux sites de streaming illégaux devient bien plus compliqué. Les méthodes de contournement les plus simples et populaires, comme le changement de DNS, sont désormais inefficaces. Il faudra recourir à des solutions techniques plus complexes pour continuer d'accéder à ces contenus.

Est-ce que tous les VPN sont concernés par l'obligation de blocage ?

Non, l'ordonnance vise une liste précise de grands fournisseurs de VPN (CyberGhost, ExpressVPN, NordVPN, ProtonVPN et Surfshark). Cependant, cette décision crée une jurisprudence qui pourrait être étendue à d'autres acteurs à l'avenir si les ayants droit en font la demande.

Cette stratégie de blocage est-elle vraiment efficace ?

Si aucun blocage n'est infaillible, cette approche multi-couches rend le contournement beaucoup plus difficile pour l'utilisateur moyen. En fermant simultanément les portes des FAI, des DNS publics et des VPN populaires, les autorités espèrent décourager une grande partie des pirates occasionnels et complexifier l'accès pour les plus déterminés.