Il y a du changement dans le classement des supercalculateurs les plus puissants (au moins pour ceux qui présentent des données publiques) du Top500. Le supercalculateur Frontier (AMD Epyc de 3ème génération et accélérateurs AMD Instinct MI250X) utilisé par le DOE (Department of Energy) américain et jusqu'à présent leader du classement ne démérite pas avec une capacité de traitement de 1,35 exaflop/s mais se voit débordé par un nouveau venu.
Ce n'est pas vraiment une surprise mais il est désormais opérationnel : El Capitan, supercalculateur du Lawrence Livermore National Laboratory (LLNL), armé de ses processeurs AMD Epyc de 4ème génération et d'accélérateurs AMD Instinct MI300A, est le nouveau champion du Top500 avec une performance de 1,74 exaflop/s.
Intel espérait sans doute faire des étincelles avec le supercalculateur Aurora équipé de processeurs Intel Xeon et d'accélérateurs dédiés de sa coneption mais, tout en atteignant la respectable puissance de calcul de 1,01 exaflop/s, mais ce dernier se retrouve finalement troisième dans le classement, laissant des systèmes AMD briller devant lui.
Les supercalculateurs européens à mi-chemin de l'exascale
Aurora aura l'occasion de voir sa puissance de traitement s'améliorer mais il sera désormais difficile d'égaler la concurrence. Le quatrième supercalculateur le plus puissant est Eagle intallé dans une infrastructure Microsoft Azure avec 561 petaflops/s (ou 0,56 exaflop/s)
Le plus puissant supercalculateur public européen se positionne en cinquième place mondiale. C'est HPC6 installé en Italie avec également une configuration de composants AMD l'amenant à une puissance de 477,9 petaflops/s.
Fugaku, le supercalculateur japonais et ancien leader du classement, se retrouve en sixième position avec ses 442 petaflops/s mais le gouvernement japonais a déjà posé les bases pour Fugaku Next qui sera capable d'atteindre le zettascale d'ici la prochaine décennie.
Supercalculateur Fugaku
Les positions 7 à 9 du classement sont occupées par des supercalculateurs européens : Alps (Suisse) avec 434,9 petaflops/s, LUMI (Finlande) avec 380 petaflops/s et Leonardo (Italie) avec 241,2 petaflops/s.
Le Top 10 se termine par un nouveau venu, Tuolumne, piloté par le Lawrence Livermore National Laboratory et cousin léger de El Capitan avec 208,1 petaflops/s.
Les secrets de la Chine
S'il n'y a pas d'équipements chinois dans le début du classement Top500, c'est que leurs capacités de traitement ne sont pas rendues publiques. On croit savoir que la Chine disposait déjà de plusieurs systèmes exascale il y a deux ou trois ans qui ont sans doute été améliorés depuis.
Ses contributions à l'établissement du classement se sont d'ailleurs réduites, ce qui ne permet pas de connaître précisément son état d'avancement en la matière, même pour des systèmes non directement rattachés à une supervision militaire. Il reste difficile de déterminer à quel point les restrictions imposées par les Etats-Unis sur les composants électroniques avancés impactent le développement et les performances des supercalculateurs chinois.