Après une pause stratégique, Tesla réactive le développement de son supercalculateur Dojo 3.
Elon Musk confirme que la maturité de la puce AI5 permet désormais de relancer cette initiative ambitieuse, dédiée à l'entraînement des réseaux neuronaux, avec des perspectives futuristes tournées vers l'orbite terrestre !
Le constructeur automobile avait pris la décision de dissoudre l'équipe en charge du projet Dojo pour concentrer ses ressources sur les puces embarquées. Cette pause technique, justifiée par la nécessité de finaliser l'architecture des semi-conducteurs destinés aux véhicules, semble désormais appartenir au passé.
La firme du Texas juge que la conception de sa puce AI5 est suffisamment stable pour permettre aux équipes de reprendre le chemin des laboratoires.
Un retour stratégique vers le calcul haute performance
L'annonce a été faite via le réseau social X où le dirigeant a précisé les nouvelles priorités de l'entreprise. Selon lui, le design de la puce AI5 étant désormais « en bonne forme », il devient logique de redémarrer les travaux sur la troisième itération du supercalculateur maison.
Cette machine est spécifiquement conçue pour traiter les immenses quantités de données vidéo collectées par la flotte mondiale de la marque.
Pour soutenir cette relance, l'entreprise a ouvert de nouveaux postes d'ingénieurs, cherchant à attirer des talents capables de résoudre des problèmes techniques complexes.
Tesla cherche à assurer une améliration constante du réseau neuronal qui alimente le logiciel de conduite autonome FSD. Contrairement aux puces embarquées qui exécutent les décisions en temps réel, cette infrastructure est dédiée à l'apprentissage profond en amont.
La distinction technique entre l'inférence et l'entraînement
Il est crucial de différencier les composants installés dans les voitures de ceux destinés aux centres de données. L'année dernière, la direction avait estimé qu'il était illogique de disperser les efforts sur deux architectures de puces d'intelligence artificielle radicalement différentes simultanément.
Les puces AI5 et AI6, bien qu'excellentes pour l'inférence (l'application du modèle), ne sont pas optimisées pour l'entraînement massif nécessaire au développement du logiciel.
La future puce AI6, qui sera produite par Samsung dans son usine du Texas suite à un accord majeur, continuera de servir les besoins embarqués et ceux du robot Optimus.
En revanche, le projet relancé vise une architecture spécialisée pour le traitement lourd. Cette clarification met fin aux spéculations sur un abandon total de l'ambition "hardware" de Tesla pour ses propres serveurs d'entraînement.
Vers des data centers en orbite ?
Au-delà de la simple reprise des travaux, les perspectives évoquées pour cette nouvelle génération de matériel surprennent par leur audace. Il a été mentionné que la technologie AI7, associée au projet Dojo 3, pourrait être orientée vers du « calcul IA spatial ».
L'idée sous-jacente est de déployer des centres de données directement en orbite pour bénéficier de l'énergie solaire continue et du refroidissement naturel offert par l'espace.
Si cette vision de data centers orbitaux séduit par sa théorique efficacité énergétique, elle reste pour l'instant hautement spéculative et se heurte à des défis logistiques considérables.
Néanmoins, avec des cycles de développement annoncés comme très courts pour les futures itérations, l'industrie surveillera de près si le milliardaire aux presque 800 milliards de dollars de fortune personnelle parvient à concrétiser cette vision ou si elle restera, comme d'autres promesses passées, au stade de concept futuriste.