L'histoire d'Oliver ressemble à un scénario de film, mais elle est bien réelle. Diagnostiqué très jeune avec une pathologie rare qui s'apparente à une "démence infantile", son avenir semblait tracé et sombre.

Ses parents ont traversé l'Atlantique pour tenter le tout pour le tout au Royaume-Uni, plaçant leurs espoirs entre les mains des chercheurs de Manchester. Aujourd'hui, le petit garçon court, joue et grandit comme n'importe quel enfant de son âge, prouvant que la fatalité biologique peut parfois être détournée.

Pourquoi le syndrome de Hunter est-il si redoutable ?

Cette maladie, aussi connue sous le nom de MPS II, agit comme un poison lent et invisible. À cause d'une erreur génétique sur le chromosome X, le corps est incapable de nettoyer certains déchets cellulaires.

Syndrome hunter 03

Ces molécules de sucre s'accumulent alors dans les organes et le cerveau, provoquant des dégâts irréversibles allant de la raideur articulaire au déclin cognitif sévère. Sans traitement, l'espérance de vie dépasse rarement l'adolescence. Pour les familles touchées, le diagnostic de ce syndrome sonne souvent comme une condamnation, transformant le quotidien en une lutte permanente faite de visites à l'hôpital et d'angoisse pour l'avenir.

Comment fonctionne ce traitement révolutionnaire ?

Les médecins ont opté pour une approche radicalement différente des soins palliatifs habituels. Au lieu de remplacer artificiellement la substance manquante chaque semaine, ils ont utilisé une thérapie génique de pointe pour corriger le problème à la source.

Syndrome hunter 02

La procédure a consisté à prélever les propres cellules souches d'Oliver, à les modifier en laboratoire pour y insérer le gène correct, puis à les réinjecter dans son organisme. Ces "super-cellules" ont alors colonisé sa moelle osseuse, devenant des usines biologiques capables de diffuser le remède directement dans son sang et, fait crucial, jusqu'à son cerveau.

Quels sont les résultats pour Oliver et sa famille ?

C'est un véritable "reset" de sa vie, selon les mots émouvants de son père. Quelques mois après l'intervention, les analyses montrent que son corps produit désormais massivement l'enzyme vitale qui lui faisait défaut.

Fini les infusions hebdomadaires de trois heures : Oliver est libre. Son développement physique et mental suit une courbe normale, un contraste saisissant avec l'évolution habituelle de la maladie. Si ce succès est une bénédiction pour lui, il porte aussi un espoir immense pour son frère aîné Skyler, également atteint, et pour des milliers d'autres enfants dans le monde.

Foire Aux Questions (FAQ)

Ce traitement est-il disponible pour tout le monde ?


Pas encore. Il s'agit d'un essai clinique très restreint (cinq patients prévus). Si les résultats continuent d'être positifs, il faudra encore plusieurs années pour qu'il soit approuvé et commercialisé.

Quelle est la différence avec le traitement actuel ?


Le traitement classique (Elaprase) nécessite des perfusions à vie et ne soigne pas le cerveau. La thérapie génique est un traitement unique qui permet au corps de se soigner lui-même, y compris au niveau neurologique.

Y a-t-il des risques ?


Comme toute greffe ou manipulation génétique, il existe des risques, mais l'utilisation des propres cellules de l'enfant élimine le risque de rejet, rendant la procédure plus sûre qu'une greffe de moelle osseuse classique.