Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur, s'est illustré à plusieurs reprises par ses prises de position et ses déclarations vis à vis des GAFAM et des gestionnaires de réseaux sociaux, et notamment le réseau X d'Elon Musk.

Ses dernières déclarations avaient même pris une tournure plus personnelles avec des annonces et des menaces face aux géants du Web sans concertation avec la tête de l'UE.

Ce comportement remuant et parfois hors de contrôle lui a peut-être coûté sa place. Thierry Breton a annoncé sur le réseau social X sa démission de son poste de commissaire européen en attaquant directement la gouvernance d'Ursula von der Leyen.

Thierry Breton écarté par Von der Leyen ?

Il affirme ainsi que sa candidature pour renouveler son mandat était soutenue par Emmanuel Macron mais que la présidente de l'UE a décidé de l'écarter au dernier moment, sans concertation ni discussions.

Elle aurait ainsi demandé à la France de lui retirer son soutien et ce pour des "raisons personnelles" qui n'ont pas été discutées de vive voix ainsi qu'en échange de compromis pour que la France puisse peser plus largement sur le prochain panel de commissaires européens.

Thierry Breton a plus d'une fois critiqué Ursula von der Leyen et les jeux d'influence auxquelles elle se livre pour positionner de fidèles équipiers. Il avait questionné la pertinence de son maintien à la tête de l'UE, poste qu'elle a finalement conservé.

Jeu de pouvoir

L'annonce de la démission du commissaire européen intervient à la veille de la nomination du nouveau Collège et le choix d'un nouveau nom par la France s'est porté sur Stéphane Séjourné, ministre de l'Europe et des affaires étrangères (sous le gouvernement Attal).

Thierry Breton lance une dernière pique dans son message en évoquant la "gouvernance problématique" (questionable governance) d'Ursula von der Leyen dont cette mise à l'écat serait un nouvel exemple.

Outre les questions de respect des règles européennes par les réseaux sociaux et les entreprises avides de données personnelles, Thierry Breton a contribué à l'établissement du Chips Act visant à inciter à la relocalisation de moyens de production de puces en Europe pour réduire une trop forte dépendance aux ressources extérieures et regagner en souveraineté.

Il a également contribué à imposer une hausse des tarifs douaniers vis à vis des importations de véhicules électriques depuis la Chine afin de préserver l'industrie automobile européenne.

Ce départ un peu précipité mais sans doute préparé de son poste de commissaire européen font enfler les rumeurs d'un retour dans le gouvernement français, sous la direction du premier ministre Michel Barnier, peut-être du côté du ministère de l'Economie et des Finances qu'il a déjà dirigé dans les années 2000.