Après une semaine noire marquée par des annulations de projets en cascade et des fermetures de studios, le géant français du jeu vidéo cible désormais son propre cœur : le siège social parisien. L'entreprise a engagé des discussions pour une suppression de 200 postes, une nouvelle secousse qui confirme l'ampleur de la crise traversée par l'éditeur.
Quelle est la nature de ce plan de départ ?
L'entreprise ne parle pas de licenciements secs, mais d'une procédure spécifique au droit français : la Rupture Conventionnelle Collective (RCC). Ce dispositif permet des ruptures de contrat de travail sur une base volontaire, négociées dans un cadre collectif. L'objectif affiché est clair : atteindre jusqu'à 200 départs au siège parisien, qui compte actuellement environ 1 100 employés.
Cette proposition concerne exclusivement les employés sous contrat français d'Ubisoft International. Pour l'heure, il s'agit d'une discussion, et aucune décision ne sera finale sans un accord avec les représentants du personnel, validé par les autorités. La question demeure : que se passera-t-il si le nombre de volontaires n'est pas atteint ? L'entreprise n'a pas communiqué sur ce point, laissant planer une incertitude pesante.
Pourquoi cette mesure intervient-elle maintenant ?
Cette annonce est la conséquence directe d'une stratégie "d'accélération des initiatives de réduction des coûts". La semaine précédente a été particulièrement brutale. Ubisoft a confirmé l'annulation de six jeux, dont le très attendu remake de Prince of Persia: Sands of Time, et la fermeture de ses studios de Stockholm et Halifax.
Simultanément, des restructurations ont touché d'autres entités à Abu Dhabi et chez RedLynx. Ces décisions radicales font suite à des résultats financiers décevants et à une chute de 40% de la valeur de l'action, qui a perdu 95% de sa valeur depuis son pic de janvier 2021. La situation est critique.
Comment réagissent les employés et les marchés ?
Le climat social est tendu. Les bureaux de Paris ont déjà été le théâtre de manifestations, notamment contre la nouvelle politique de retour au bureau cinq jours par semaine. Une nouvelle grève a même été annoncée récemment. Cette proposition de RCC s'ajoute à une pression déjà considérable sur les équipes.
Sur les marchés, la confiance est érodée. L'annulation de projets majeurs et le report de sept autres titres, dont potentiellement le remake d'Assassin's Creed: Black Flag, ont lourdement pesé sur le cours de l'action. L'industrie observe avec attention, car la crise d'Ubisoft est symptomatique des difficultés que traverse tout le secteur du jeu vidéo.
Foire Aux Questions (FAQ)
Qu'est-ce qu'une Rupture Conventionnelle Collective (RCC) ?
C'est un dispositif légal en France qui permet à une entreprise de négocier un plan de départs volontaires avec les représentants du personnel. Contrairement à un plan de licenciements économiques, il repose sur le volontariat des salariés pour quitter l'entreprise en échange de conditions de départ négociées.
Combien d'employés sont concernés à Paris ?
Le plan pourrait concerner jusqu'à 200 postes sur les 1 100 que compte le siège social d'Ubisoft International à Paris. Cela représente près de 20% de l'effectif total du site.
D'autres studios Ubisoft sont-ils touchés par ce plan ?
Non, cette proposition de Rupture Conventionnelle Collective s'applique exclusivement aux employés du siège social à Paris sous contrat français. Cependant, d'autres studios ont déjà subi des fermetures ou des restructurations la semaine précédente.