Elon Musk a annoncé que le premier vol test de la version améliorée de la fusée Starship, la V3, est désormais prévu pour la mi-mars 2026.

Cette nouvelle itération, plus grande et plus puissante, est essentielle pour les futures missions lunaires de la NASA et le déploiement des satellites Starlink de nouvelle génération, marquant une étape décisive pour l'entreprise.

Cette annonce fixe un cap attendu pour le programme phare de SpaceX. La société aérospatiale, qui a su s'imposer sur le marché des lancements au cours de la dernière décennie, mise tout sur Starship pour conserver son avance.

Le développement a cependant connu son lot de revers, notamment une explosion du premier étage booster en novembre 2025 lors d'un test de pressurisation, qui avait retardé les plans initiaux.

Une version V3 aux ambitions démesurées

La nouvelle mouture de Starship est une véritable évolution du design général. Plus grande, elle est conçue pour embarquer davantage de propergol et est propulsée par les nouveaux moteurs Raptor V3.

Ces derniers promettent une poussée accrue, passant de 230 à 280 tonnes, tout en étant plus légers et moins complexes à fabriquer, un enjeu clé pour la viabilité du projet.

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Surtout, Starship V3 est la première version pensée pour les missions interplanétaires. Elle intègre des capacités d'amarrage en orbite terrestre, une manœuvre indispensable pour réaliser le ravitaillement en carburant nécessaire aux voyages vers la Lune ou Mars.

C'est également ce lanceur qui doit déployer les futurs satellites Starlink V3, plus lourds et plus performants.

Un héritage de succès mitigés à dépasser

Le chemin vers la version 3 a été pavé d'essais spectaculaires et de déconvenues. La précédente génération, Starship V2, a certes réussi à atteindre l'orbite et à valider le déploiement de charges utiles factices.

Elle a aussi permis de récupérer plusieurs boosters Super Heavy après leur retour sur la zone de lancement, une prouesse technique majeure.

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Cependant, le programme V2 a aussi été marqué par une série d'explosions et de revers. Cette approche de développement, qui consiste à pousser les prototypes jusqu'à leurs limites pour en tirer des leçons, est une marque de fabrique de l'entreprise. Mais elle souligne la complexité d'un projet qui doit encore prouver sa fiabilité avant d'embarquer des astronautes.

La pression de la concurrence et du calendrier

L'urgence du calendrier se fait sentir. SpaceX est sous la pression de la NASA pour concrétiser le retour des astronautes américains sur la Lune. Parallèlement, la concurrence commence à s'organiser. Blue Origin, la société de Jeff Bezos, a réussi les premiers vols de son lanceur lourd New Glenn et développe déjà une version plus imposante pour rivaliser directement.

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Le test de la mi-mars sera donc bien plus qu'un simple vol d'essai. Il constituera une démonstration de force et de crédibilité, à la fois pour ses partenaires institutionnels et face à un marché qui ne cesse de se densifier.

La réussite de ce premier vol orbital est une condition sine qua non pour l'avenir des ambitions lunaires et martiennes portées par l'entreprise d'Elon Musk.