Microsoft a tout misé sur les Copilot PC pour ne pas rater le virage stratégique de l'intelligence artificielle. Mais la stratégie rencontre un obstacle de taille : les consommateurs ne suivent pas.
L'un des plus grands fabricants d'ordinateurs au monde vient de jeter un pavé dans la mare en admettant que l'engouement espéré n'est tout simplement pas au rendez-vous.
Pourquoi l'engouement pour les PC IA ne prend-il pas ?
Lors d'une conférence de presse, Jeff Clarke, vice-président et directeur des opérations de Dell, a évoqué sans détour la "promesse non tenue de l'IA". Il a admis que les attentes d'une forte demande stimulée par cette technologie ne se sont pas concrétisées comme l'entreprise l'imaginait il y a un an.
Kevin Terwilliger, le chef de produit de la société, a enfoncé le clou. Il a clairement expliqué que le message de l'entreprise n'était plus "l'IA d'abord". L'expérience de l'année écoulée a montré une chose : les consommateurs n'achètent pas une machine pour l'IA. Pire encore, le concept semble les embrouiller plus qu'autre chose, car ils peinent à percevoir un bénéfice concret dans leur usage quotidien.
Quelle est la réaction de Microsoft face à cet échec ?
Cette situation met directement en péril la vision de Satya Nadella, le PDG de Microsoft. Hanté par l'échec de son entreprise lors du passage au mobile, il est déterminé à ne pas répéter la même erreur avec l'IA. Des rapports internes le décrivent comme étant devenu le "chef de produit le plus influent" de la société, s'impliquant personnellement jusqu'à envoyer des notes directes aux équipes pour signaler les bugs de Copilot.
La direction est consciente que son produit est perçu comme étant en retard sur des concurrents féroces comme Gemini de Google ou Claude d'Anthropic. Le problème est un classique chez Microsoft : la réputation de lancer des produits inachevés. Cette approche crée une impression négative durable chez les premiers utilisateurs, qui se propage rapidement, même si le produit est corrigé et amélioré par la suite. Pour les entreprises, le calcul est vite fait : pourquoi payer 20 dollars de plus par mois pour un avantage qui n'est pas encore tangible ?
Les PC IA sont-ils donc condamnés ?
Techniquement, l'avenir est déjà là. Pratiquement tous les nouveaux ordinateurs haut de gamme livrés cette année sont des "AI PC". Ils intègrent des processeurs spécialisés comme les Qualcomm Snapdragon X, les Intel Core Ultra ou les AMD Ryzen AI, tous équipés de puissantes unités de traitement neuronal (NPU). L'achat d'une telle machine est donc une forme de pari sur l'avenir.
Dans un an ou deux, ces puces dédiées auront peut-être enfin des tâches à leur mesure, capables de démontrer leur supériorité. Mais aujourd'hui, les différents Copilot de Microsoft ne sont pas encore prêts à exploiter ce potentiel. En attendant que le logiciel rattrape le matériel, les fabricants vont devoir continuer à stimuler les ventes "à l'ancienne", en se basant sur des arguments plus traditionnels que le simple mot magique "IA".
Foire Aux Questions (FAQ)
Qu'est-ce qu'un "Copilot PC" ?
Il s'agit d'un ordinateur dont le processeur intègre une puce spécifiquement dédiée aux calculs de l'intelligence artificielle, appelée NPU (Neural Processing Unit). Il est conçu pour optimiser les fonctionnalités de l'assistant Copilot de Microsoft directement sur la machine.
Pourquoi l'IA sur PC est-elle jugée confuse par les consommateurs ?
Parce que les bénéfices concrets pour l'utilisateur au quotidien ne sont pas encore évidents ou assez différenciants. Contrairement à des services en ligne comme ChatGPT dont l'utilité est immédiate, les avantages d'un NPU dans un PC restent abstraits pour beaucoup.
Faut-il quand même acheter un PC dit "IA" aujourd'hui ?
Si vous devez changer d'ordinateur, oui, car c'est le nouveau standard matériel qui vous préparera pour les futures applications logicielles. Cependant, la seule présence de l'étiquette "AI PC" n'est pas une raison suffisante pour remplacer une machine encore fonctionnelle.