Rien ne va plus chez Intel. La stratégie du CEO Pat Gelsinger autour d'un retour aux activités de fonderie, avec une bascule rapide vers les noeuds de gravure les plus fins (dite " 5 noeuds en 4 ans") et de création d'une division IFS (Intel Foundry Services) ouverte à d'autres entreprises est en cours de déploiement mais ne donne pas encore ses fruits alors que l'entreprise est prise à la gorge par la baisse des ventes de ses processeurs et l'opportunité manquée de l'essor de l'IA qui se joue du côté des GPU.

La firme a annoncé des résultats financiers compliqués sur le deuxième trimestre, confirmant une baisse de forme qui date de plusieurs trimestres mais ne semble toujours pas trouver d'issue, au point de la forcer à annoncer un plan de licenciement significatif.

De quoi faire froncer les sourcils des parlementaires américains qui commencent à réclamer des comptes par rapport aux dizaines de milliards de dollars d'argent public qui lui ont été attribués et qui devaint assurer relocalisation des usines mais aussi emplois qualifiés sur place.

Intel fait appel à des banques d'affaires

La situation d'Intel ne s'améliorant pas et sous la pression des investisseurs, la firme a pris contact avec des banques d'affaires pour évaluer ses différentes options, rapporte l'agence Bloomberg.

Toutes les pistes sont étudiées, dont celle d'une séparation de ses activités de conception de produits et de fonderie. De même, certains projets d'usines pourraient être abandonnés.

Intel intelligence artificielle

Pat Gelsinger vantant les mérites de l'accélérateur IA Intel Gaudi3

Les banques d'affaires Morgan Stanley et Goldman Sachs doivent également étudier des possibiltiés de fusion & acquisition qui permettraient de s'adosser à un autre acteur.

Les différentes possibilités doivent être présentées lors d'une réunion durant le mois de septembre, même si aucune grande manoeuvre n'est attendue à court terme.

La stratégie de Pat Gelsinger mise en difficulté

La séparation de l'activité de fonderie extérieure IFS serait un revers pour Pat Gelsinger qui en fait le pilier d'une stratégie remettant son savoir-faire au coeur de son activité, après les errances de ses prédécesseurs autour d'initiatives (drones, 5G, mémoire rapide Optane...) qui n'ont finalement pas apporté les leviers de croissance espérés et ont été fermées ou revendues les unes après les autres.

Pour Bloomberg, la vision stratégique de Pat Gelsinger est remise en cause car peut-être finalement trop ambitieuse, même si le marché s'est compliqué avec la concurrence des processeurs ARM dans les PC portables et surtout une croissance du secteur de l'IA qui a profité à d'autres.

Le risque est que la mise en service effective de la division IFS, et les revenus correspondants, n'arrivent trop tard pour relancer l'entreprise, sans même parler de pouvoir faire jeu égal avec le leader taiwanais TSMC. Bloomberg rappelle qu'en 2021 encore, Intel générait trois plus de revenus que Nvidia.

Actuellement, avec une valeur de l'action tombée à 20 dollars, sa valorisation n'est plus que de 86 milliards de dollars, quand celle de Nvidia atteint...2900 milliards de dollars.

Source : Bloomberg