Alors que les géants de la tech comme Meta ou Google se concentrent sur des lunettes connectées bardées de capteurs et d'IA, un domaine essentiel restait en jachère : la simple correction visuelle. Les solutions actuelles, comme les verres progressifs inventés dans les années 60, obligent l'utilisateur à des compromis.

C'est ce statu quo que la startup finlandaise IXI Eyewear entend bien bousculer avec une approche radicalement différente.

Comment fonctionne cette technologie de mise au point automatique ?

Le secret des lunettes IXI réside dans la combinaison de deux technologies de pointe. D'une part, des capteurs de suivi oculaire intégrés dans la monture analysent en permanence la direction du regard de l'utilisateur. Ces capteurs, composés de photodiodes et de LED, projettent une lumière infrarouge invisible sur les yeux et mesurent sa réflexion pour déterminer avec précision si vous regardez au loin ou un objet proche.

D'autre part, cette information est transmise en temps réel aux lentilles qui intègrent une couche de cristaux liquides. En fonction des données du suivi oculaire, un courant électrique modifie l'orientation de ces cristaux, changeant ainsi instantanément la puissance de correction de la lentille. Le résultat est une mise au point dynamique et fluide, qui s'adapte sans que le porteur n'ait à y penser.

Quels sont les avantages concrets face aux verres progressifs ?

Les porteurs de verres progressifs connaissent bien leurs défauts : un canal de vision étroit qui oblige à bouger la tête pour voir nettement, et des distorsions périphériques parfois gênantes. La technologie d'IXI Eyewear promet de balayer ces inconvénients. La zone de lecture pour la vision de près est bien plus large et, surtout, elle n'est activée que lorsque c'est nécessaire.

Le reste du temps, le porteur bénéficie d'une vision de loin parfaitement claire sur toute la surface du verre, comme avec des lunettes unifocales classiques. C'est une expérience bien plus naturelle, bien loin des lunettes intelligentes classiques qui se focalisent sur l'affichage d'informations. Fini, donc, la période d'adaptation et la gymnastique oculaire constante. L'ambition est de proposer la dernière paire de lunettes que vous aurez besoin d'acheter.

Quelles sont les limites et les défis à relever ?

Cette innovation a un coût. Le PDG de la société, Niko Eiden, a déjà prévenu que le produit se positionnera sur le segment "très haut de gamme" de l'optique existante, sans donner de chiffre précis. Le prix de ces verres à mise au point automatique sera donc un facteur décisif pour leur adoption. De plus, comme tout appareil électronique, ces lunettes nécessiteront une recharge quotidienne via un port magnétique discret.

Des distorsions visuelles mineures pourraient également subsister sur les bords de la zone active des cristaux liquides, même si elles ne seraient pas visibles la plupart du temps. Enfin, des tests et des validations réglementaires sont encore nécessaires, notamment pour une utilisation en conduite. En cas de panne, un mode de sécurité est prévu pour que les verres reviennent à leur correction de base pour la vision de loin.

Foire Aux Questions (FAQ)

Quand ces lunettes seront-elles disponibles ?

IXI Eyewear prévoit un lancement en Europe d'ici la fin de l'année 2025, une fois les autorisations réglementaires obtenues. La commercialisation aux États-Unis et dans le reste du monde suivra ultérieurement.

Les lunettes sont-elles lourdes ou encombrantes ?

Non, l'électronique et la batterie ont été miniaturisées pour ne pas impacter l'apparence. L'un des derniers prototypes pèse seulement 22 grammes, un poids comparable à celui de nombreuses montures classiques.

Existe-t-il des technologies concurrentes ?

Oui, d'autres entreprises, principalement japonaises comme Elcyo et Vixion, travaillent sur des concepts similaires de lunettes autofocus. Cependant, la solution d'IXI Eyewear semble être l'une des plus avancées en termes d'intégration et d'esthétique proche de lunettes traditionnelles.