Le marché mondial du PC a terminé l'année 2025 sur une note très positive, déjouant certains pronostics. Selon les chiffres préliminaires du cabinet d'analyse IDC, les livraisons d'ordinateurs ont atteint 284,7 millions d'unités sur l'ensemble de l'année, soit une progression significative de 8,1 % par rapport à 2024.

Le dernier trimestre a été particulièrement dynamique, avec 76,4 millions d'unités écoulées, représentant une hausse de 9,6 %. Cette performance solide est en partie attribuée à des facteurs conjoncturels, comme l'anticipation de la fin du support de Windows 10 et des inquiétudes liées aux tarifs douaniers, poussant de nombreuses entreprises à accélérer leurs achats.

Une hiérarchie mondiale bien établie, mais des dynamiques contrastées

Le classement des constructeurs confirme la domination des acteurs historiques. Lenovo conserve sa première place avec 70,8 millions de PC vendus en 2025, s'octroyant 24,9 % du marché grâce à une croissance annuelle de 14,5 %.

Le géant chinois est suivi par HP Inc., qui a écoulé 57,5 millions d'unités (+8,4 %), et Dell, qui complète le podium avec 41,1 millions de machines vendues (+5,1 %).

Derrière ce trio de tête, Apple et ASUS ferment le top 5. La firme de Cupertino a connu une croissance annuelle de 11,1 % avec 25,6 millions de Mac livrés.

Cependant, un détail interpelle : ses ventes au quatrième trimestre sont restées stables, à 7,1 millions d'unités, alors que tous ses concurrents directs affichaient une croissance à deux chiffres sur la même période.

Cette stagnation relative suggère qu'Apple semble moins sensible aux cycles de renouvellement dictés par l'écosystème Windows, jouant une partition différente sur le long terme.

La crise de la mémoire vive, l'ombre au tableau de 2026

Si les chiffres de 2025 sont encourageants, l'optimisme est de courte durée. Tous les regards se tournent vers 2026, une année qui s'annonce périlleuse. La principale source d'inquiétude est la situation de la mémoire vive.

Jean-Philippe Bouchard, vice-président de la recherche chez IDC, prévient que le marché sera « très différent dans 12 mois » et que l'année à venir s'annonce « extrêmement volatile ».

La hausse des coûts et les tensions sur l'approvisionnement des puces mémoire pourraient avoir des conséquences en cascade. Les fabricants pourraient être contraints d'augmenter les prix de leurs machines, mais aussi de revoir à la baisse les spécifications de base, en proposant par exemple moins de RAM sur les configurations d'entrée de gamme pour préserver leurs stocks. Cette situation crée une incertitude majeure pour toute l'industrie.

Vers une consolidation du marché au détriment des plus petits ?

Cette potentielle pénurie de composants pourrait creuser l'écart entre les géants du secteur et les acteurs plus modestes. Selon Ben Yeh, analyste chez Omdia, la performance future des constructeurs dépendra de leur capacité à sécuriser leurs approvisionnements.

Les plus grandes entreprises, bénéficiant d'un volume d'achat colossal et de relations solides avec les fournisseurs, disposent d'un levier de négociation bien plus important.

Dans ce contexte, les petits constructeurs et les assembleurs, ainsi que les passionnés qui montent leur propre PC (DIY), pourraient être les premiers à souffrir.

Le risque est de voir une consolidation du marché, où seuls les plus grands groupes parviennent à traverser la tempête sans encombre. La question reste donc ouverte : cette crise annoncée sera-t-elle un simple grain de sable ou le catalyseur d'une profonde restructuration du secteur ?