La course vers la Lune s'accélère : l'équipementier L3Harris vient de livrer à l'agence spatiale américaine trois propulseurs électriques d'une puissance inédite, destinés à la future station orbitale lunaire. Cette étape, bien que technique, est absolument fondamentale.
Elle valide une technologie qui pourrait bien redéfinir l'exploration spatiale lointaine pour les décennies à venir.
À quoi serviront ces nouveaux moteurs surpuissants ?
Ces trois unités, baptisées Advanced Electric Propulsion System (AEPS), sont le cœur battant du Power and Propulsion Element (PPE). Avec une puissance record de 12 kilowatts chacun, ils deviennent les systèmes de propulsion les plus performants jamais conçus pour l'espace. Leur objectif est clair : manœuvrer les premiers éléments de la station spatiale Gateway et les placer sur la bonne trajectoire.
Leur mission est double : propulser la station jusqu'à son orbite lunaire et l'y maintenir avec une précision chirurgicale. C'est une condition indispensable pour la réussite des missions habitées du programme Artemis, notamment à partir d'Artemis IV, qui utiliseront la Gateway comme un véritable relais vers la surface de la Lune.
Pourquoi la propulsion électrique est-elle si stratégique ?
La raison est simple : son efficacité énergétique spectaculaire. Kristin Houston, présidente chez Aerojet Rocketdyne, une filiale de L3Harris, le résume parfaitement : ces propulseurs sont bien plus économes en carburant que les moteurs chimiques traditionnels. Pour des missions de longue durée comme celles de la Gateway, c'est un atout absolument majeur qui change la donne.
Cette technologie, surtout si elle est couplée à des sources d'énergie nucléaire, ouvre des perspectives vertigineuses pour l'avenir. On parle de missions robotiques vers Jupiter ou du transport de charges lourdes vers Mars. La propulsion électrique n'est pas juste une amélioration, c'est un chamboulement annoncé dans l'exploration du système solaire.
Comment la NASA assemble-t-elle ce mécano spatial ?
La construction de la Gateway est un puzzle complexe supervisé par plusieurs centres de la NASA, dont le Glenn Research Center. Le Power and Propulsion Element, capable de générer 60 kilowatts d'électricité, a déjà été mis sous tension avec succès. Il est assemblé par le partenaire industriel Lanteris Space Systems en Californie, où les propulseurs de L3Harris seront bientôt installés.
En complément, quatre propulseurs BHT-6000 de 6 kilowatts, construits par Busek, seront également intégrés. Pendant ce temps, les immenses panneaux solaires déroulants, fabriqués par Redwire, sont en phase de test. La NASA a fait le choix audacieux de lancer les deux premiers modules de la station en une seule mission pour réduire les coûts et les risques.
Foire Aux Questions (FAQ)
Qu'est-ce que la station Gateway exactement ?
La Gateway est une future station spatiale qui orbitera autour de la Lune. Elle servira de point de rendez-vous, de laboratoire scientifique et de base avancée pour les astronautes en route vers la surface lunaire ou, à terme, vers Mars. Contrairement à l'ISS, elle ne sera pas habitée en permanence.
Quand la station Gateway sera-t-elle lancée ?
La NASA prévoit de lancer les deux premiers éléments de la Gateway, le Power and Propulsion Element (PPE) et le Habitation and Logistics Outpost (HALO), ensemble lors d'une unique mission. La date exacte dépend de l'avancement global du programme Artemis, mais cette stratégie de lancement groupé vise à accélérer sa mise en service en orbite lunaire.