Comme beaucoup d'entreprises high-tech, OpenAI a été victime d'une intrusion sur ses serveurs et d'un vol de données. Cela s'est passé en réalité début 2023 avec un accès sur une messagerie interne permettant de récupérer des noms, des adresses e-mails et des messages, vient de révéler le New York Times.

Cela n'est pas allé jusqu'à la récupération du code source du robot conversationnel ChatGPT ou de données sensibles relatives au modèle d'IA GPT sous-jacent mais la gestion de l'incident est symptomatique d'un certain fonctionnement opaque d'OpenAI.

Le média indique ainsi que la firme n'a communiqué sur l'intrusion que plusieurs semaines plus tard et n'a pas alerté les autorités. A-t-elle considéré que l'incident n'était pas assez sérieux pour une telle communication ?

Toujours ces interrogations sur la gestion interne d'OpenAI

Le domaine de l'intelligence artificielle est pourtant en plein essor et une véritable bataille de l'IA se joue entre les grandes nations. Toute information nouvelle est bonne à récupérer et le New York Times s'interroge sur ce qu'aurait pu faire la Chine des données volées si elle avait été à l'origine de cette cyberintrusion.

Cela pose de nouveau la question de la gouvernance d'OpenAI et de sa façon de gérer les problèmes et les dissensions internes...généralement en licenciant les personnes critiquant son fonctionnement interne ou ses manques en matière de sécurité.

openai

Le New York Times révèle ainsi que l'ancien salarié d'OpenAI Leopold Aschenbrenner semble avoir été licencié après avoir formulé des critiques sur l'insuffisance de protection de ses secrets face à des nations étrangères.

La direction d'OpenAI réfute cette affirmation mais d'autres départs de l'entreprise seraient liés à ce même rejet des critiques tandis qu'une lettre ouverte diffusée il y a quelques semaines appelait l'entreprise à ne pas stigmatiser et sanctionner ses lanceurs d'alerte concernant cette fois le manque de garde-fous pour éviter les dérives des IA.

L'inquiétude est bien sûr de perdre le contrôle des IA en cours de développement dans les laboratoires mais aussi de voir des pays comme la Chine, fervente promotrice de l'intelligence artificielle, en profiter pour obtenir des données qui permettraient de conforter son avance.

La Chine, adversaire dans l'IA

Le pays est toutefois déjà en tête des dépôts de brevets dans le domaine sur les dix dernières années et serait au moins au coude à coude sinon devant les Etats-Unis dans le domaine.

Son problème reste l'accès aux puces les plus performantes et en gravure très fine. Les Etats-Unis ont mis en place des séries de mesures pour freiner la progression chinoise sur les composants électroniques et en particulier ceux qui pourraient être utilisés pour du traitement IA.

Mais il ne faudrait cependant pas laisser les portes des entreprises innovantes pas suffisamment verrouillées pour permettre à des intérêts étrangers d'en profiter pour récupérer des données ou cibler des talents.

Source : Capital.fr