La tension monte d'un cran entre les géants de la tech et la justice française. Les locaux parisiens du réseau social X ont fait l'objet d'une perquisition menée par l'unité de cybercriminalité du parquet de Paris.

Cette opération s'inscrit dans le cadre d'une enquête d'envergure initiée en janvier 2025, visant à faire la lumière sur de potentiels délits graves hébergés et diffusés sur la plateforme d'Elon Musk.

Une enquête aux multiples facettes visant la plateforme d'Elon Musk

Les faits reprochés à la plateforme sont particulièrement sérieux. L'enquête, initialement centrée sur les algorithmes de recommandation de X, a été élargie pour inclure son agent conversationnel controversé, Grok.

Les enquêteurs se penchent sur la diffusion de contenus négationnistes, la génération d'images sexualisées non consensuelles de type deepfake. 

grok

Face à la situation, le parquet de Paris a annoncé quitter officiellement la plateforme, migrant ses communications vers LinkedIn et Instagram. Dans la foulée, Elon Musk et l'ancienne dirigeante de X, Linda Yaccarino, ont été convoqués pour être entendus par la justice française en avril prochain.

La charge virulente du fondateur de Telegram

Cette intervention policière a provoqué une réaction immédiate et véhémente de la part du fondateur de Telegram, Pavel Durov. Dans une déclaration publique, il a affirmé que la France est le "seul pays au monde à poursuivre pénalement tous les réseaux sociaux qui offrent une certaine liberté aux utilisateurs". Pour lui, il ne faut pas se leurrer : la France "n'est pas un pays libre".

Pavel Durov

L'entrepreneur russe a également dénoncé ce qu'il perçoit comme une manœuvre cynique des autorités. Il estime que l'"instrumentalisation de la protection de l'enfance pour légitimer la censure et la surveillance de masse est odieuse", ajoutant que "ces gens-là ne reculeront devant rien".

Ce soutien affiché à Elon Musk illustre le front commun de certains patrons de la tech face aux tentatives de régulation étatique.

Un passif déjà lourd entre Durov et la France

L'animosité de Pavel Durov envers les autorités françaises ne date pas d'hier. Ses critiques se sont multipliées depuis son arrestation spectaculaire à sa descente d'avion à l'aéroport du Bourget en août 2024.

Il avait déjà accusé le président Emmanuel Macron de vouloir "faire taire les critiques en ligne" en transformant l'Union Européenne en un "goulag numérique" via des outils comme le DSA (Digital Services Act) et le projet Chat Control.

Ce nouvel épisode ne fait qu'envenimer un bras de fer idéologique et judiciaire dont l'issue, avec la convocation d'Elon Musk, reste plus incertaine que jamais.