Tandis que les Etats-Unis durcissent mois après mois les conditions d'accès à leurs technologies et aux moyens de production de puces en gravure fine pour les entreprises chinoises, la Chine a commencé à riposter avec ses moyens : l'approvisionnement en matières premières.

Après avoir joué ces dernières années sur les volumes exportés de terres rares pour peser dans les litiges devant l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce), le gouvernement a pris plus spécifiquement la décision de limiter ses exportations de gallium et de germanium, éléments importants dans la conception des puces modernes.

La ressource se raréfie, les prix grimpent

La Chine étant de très loin le premier exportateur de ces ressources, cette décision a significativement impacté les chaînes d'approvisionnement mondiales et fait sans surprise s'envoler le cours de ces matériaux.

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Le Financial Times relève un doublement du prix pour le germanium et une augmentation de 75% pour le gallium entre début 2023 et la période actuelle. Pour accéder à ces métaux de source chinoise, il faut maintenant obtenir des licences spéciales accordées par le gouvernement chinois qui les justifient par des mesures de sauvegarde des intérêts nationaux.

Officiellement, le pays veut renforcer son contrôle sur l'exploitaiton de la ressource et ne pas la voir s'épuiser trop vite quand les autres nations conservent des ressources stratégiques inexploitées.

Riposte aux sanctions et sécurité nationale

Comme les Etats-Unis, il met aussi en avant une question de sécurité nationale, les métaux en question pouvant être utilisés pour fabriquer puces utilisées dans l'armement.

C'est aussi la raison qui a conduit la Chine à limiter récemment les exportations d'antimoine, très demandé par les militaires, alors que les observateurs s'attendent à ce que le tungstène, utilisé pour sa dureté dans les munitions, suivent le même chemin avant la fin de l'année.

Les Etats-Unis sont d'ailleurs dès à présent en visite dans une mine en Corée du Sud pour relancer une extraction de tungstène non chinois via le consortium canadien Almonty Industries.

L'inquiétude mondiale est bien sûr que les réserves encore en circulation s'épuisent rapidement et ne conduisent à une crise de production qui impacterait de nombreux domaines.

Source : Financial Times